Se connecter

Se connecter à soi pour mieux se connecter aux autres

La méditation formelle et informelle, le fait de développer des compétences de pleine attention (mindfulness), est une discipline quotidienne pour moi.

Elle contribue à être plus juste avec moi-même, avec mes proches et les personnes que j’accompagne.

La méditation, c’est prendre soin de soi et des autres, c’est un acte de partage.

Le pouvoir du sourire

Le sourire constitue l’une des premières marques du lien social, dès notre naissance. Acte réflexe, marque de personnalité, compétence relationnelle, sont autant de dimensions qui donnent au sourire son caractère central dans notre développement individuel autant que dans nos rôles sociaux.

Sourire

Le sourire est un outil d’influence sur soi-même (mon cerveau perçoit quand je souris) et sur les autres. Le sourire est contagieux. Associé à la compétence, il accroît la crédibilité ; appuyé sur de la bienveillance, il crée de l’engagement, voire de la coopération et de l’entraide.

Le sourire est une des plus belles monnaies d’échange de l’humanité : avec un sourire on peut obtenir de l’aide, de la considération, une opportunité, déclencher une demande ou favoriser une rencontre.

Sourire, en particulier face aux difficultés, c’est se préparer et préparer les autres à agir, c’est affirmer sa confiance a priori dans les forces de chacun et dans la capacité de tous à recréer les conditions du sourire collectif. C’est faire acte d’espoir. C’est faire acte de confiance. C’est faire acte d’optimisme.

Philippe Gabilliet

Epuisement professionnel ou burnout

Quand l’investissement professionnel devient trop lourd à porter

Le burnout ou l’épuisement professionnel, initialement identifié parmi les personnels soignant et aidant, peut concerner toutes les professions qui demandent un engagement personnel intense. Les mesures de prévention doivent empêcher une aggravation de la santé des personnes déjà menacées d’épuisement et, parallèlement, prévenir l’apparition d’autres cas.

Fatigue

Le syndrome d’épuisement professionnel, ou burnout, est un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique dans lesquelles la dimension de l’engagement est prédominante. Il se caractérise par 3 dimensions :

  • l’épuisement émotionnel : sentiment d’être vidé de ses ressources émotionnelles,
  • la dépersonnalisation ou le cynisme : insensibilité au monde environnant, déshumanisation de la relation à l’autre (les usagers, clients ou patients deviennent des objets), vision négative des autres et du travail,
  • le sentiment de non-accomplissement personnel au travail : sentiment de ne pas parvenir à répondre correctement aux attentes de l’entourage, dépréciation de ses résultats, sentiment de gâchis…

De nombreuses professions demandent un investissement personnel et affectif important. Les salariés exerçant ces métiers peuvent être concernés par le risque de burnout quand ils en arrivent à ressentir un écart trop important entre leurs attentes, la représentation qu’ils ont de leur métier (portée par des valeurs et des règles) et la réalité du travail. Cette situation, qui les épuise et les vide « émotionnellement », les conduit à remettre en cause leur investissement initial.

Exemples d’exposition aux risques

L’exposition au risque de burnout peut concerner les professions d’aide, de soins, de l’enseignement… des professions où la relation à l’autre est au centre de l’activité et constitue un enjeu, parfois vital, pour les bénéficiaires de cette relation (les usagers, les patients, les clients, …). Toutefois le burnout peut également concerner d’autres secteurs d’activité susceptibles de mobiliser et d’engager les personnes sur des valeurs professionnelles très prégnantes.

Cas d’une infirmière hospitalière

« Ma profession d’infirmière, je l’ai choisie, je l’ai voulue… Mais aujourd’hui, j’ai l’impression d’être vidée. Je dois aller d’un lit à l’autre. J’ai l’impression de n’avoir jamais le temps de faire correctement mon travail. Je supporte de moins en moins les plaintes, les angoisses des patients. Je me dis qu’être infirmière n’est pas aussi valorisant, gratifiant que cela… »

Cette infirmière ne sait plus où elle en est. Elle doute d’elle-même : pourquoi, elle, autrefois si investie dans son travail, ne croit-elle plus en son métier ? Les contraintes particulières de son métier de soin et d’aide, non compensées par « autre chose » ont eu raison de son investissement initial. Le stress de la profession devient trop lourd à porter, et elle développe un syndrome du burnout.

Facteurs de risque

L’épuisement professionnel étant une conséquence du stress au travail, on retrouve parmi les causes du burnout des facteurs de stress. Différentes études ont spécifiquement permis de souligner le rôle des facteurs suivants :

  • Surcharge de travail, pression temporelle,
  • Faible contrôle sur son travail,
  • Faibles récompenses,
  • Manque d’équité,
  • Conflits de valeur, demandes contradictoires,
  • Manque de clarté dans les objectifs, les moyens.

L’effet de ces facteurs de risque peut se combiner, pour certaines professions de relations d’aide (infirmières, médecins, travailleurs sociaux, enseignants,…), à la charge émotionnelle inhérente à ces professions.

Accidents et effets sur la santé

Les manifestations de l’épuisement professionnel, plus ou moins aigues, peuvent être d’ordre :

  • émotionnel (sentiment de vide, d’impuissance, perte de confiance en soi, irritabilité, pessimisme, attitude « bureaucratique »…),
  • cognitif (difficulté de concentration, indécision, difficultés à faire des opérations simples, altération de la qualité du travail…),
  • physique (fatigue généralisée, maux de tête, de dos, tensions musculaires, troubles du sommeil,…)
  • interpersonnel et comportemental (repli, isolement, agressivité, impulsivité, baisse de l’empathie, conduites addictives…)
  • motivationnel et attitudinal (attitude négative envers le travail et les autres, désengagement,…)

La symptomatologie du burnout est de fait assez complexe, peu spécifique et peut évoluer vers la dépression ou l’anxiété.

Prévention

Pour prévenir l’apparition du phénomène d’épuisement professionnel, il est recommandé de veiller à ce que l’organisation du travail et les contraintes qu’elle génère ne surchargent pas les salariés et ne les mettent pas en porte-à-faux vis-à-vis des règles et des valeurs de leur métier. Il convient également de permettre le travail en équipe ou encore de favoriser le soutien social. Et de manière plus générale, il est recommandé de mettre en place une démarche de prévention collective des RPS (voir dossier Risques psychosociaux).

Repérer les situations de burnout

Au niveau individuel, l’employeur, l’encadrement, les acteurs de la prévention au sein de l’entreprise, le service de santé au travail doivent être vigilants à un ensemble de signaux pouvant laisser penser qu’un salarié est peut-être en situation de burnout :

  • Le salarié se plaint-il de manquer d’énergie pour accomplir son travail ?
  • Fait-il part de problèmes de concentration, de manque de disponibilité mentale au travail ?
  • Est-il facilement irritable ?
  • Dévalorise-t-il le travail qu’il accomplit, sa propre efficacité et ses compétences ?
  • Manifeste-t-il des signes de désinvestissement professionnel ?

Un changement dans l’attitude du salarié, un repli sur soi, un désengagement inhabituel sont autant de signaux qui doivent interpeller l’entourage professionnel.

Au niveau collectif, les indicateurs de dépistage des risques psychosociaux pourront être examinés.
Le repérage du burnout peut également se faire par questionnaires.

Mettre en place des mesures de prévention collective

Des mesures de prévention adaptées doivent être recherchées et mises en place. Elles ont pour objectif de faire diminuer les exigences professionnelles qui pèsent sur les salariés et d’augmenter les ressources à leur disposition.

Exemples de mesures de prévention collective de l’épuisement professionnel :

  • Veiller à ne pas surcharger certains postes ou certains salariés,
  • Favoriser le soutien social et éviter l’isolement : mise en place de groupes d’échanges sur les pratiques professionnelles, renforcement du travail en équipe (temps de travail réservé aux relèves de postes, espaces de partage d’expérience et d’échanges),
  • Améliorer le retour sur l’efficacité du travail, la reconnaissance du travail accompli,
  • Etre vigilant au traitement équitable des salariés,
  • Eviter les conflits éthiques autour de la qualité du travail, en partageant les objectifs et les manières de faire pour les atteindre.

Prendre en charge les personnes atteintes du burnout

Quand une ou plusieurs personnes sont victimes d’épuisement, l’encadrement peut leur proposer un entretien permettant de faire le point sur leurs difficultés. Les raisons de leur état en lien avec le travail doivent être recherchées. Elles peuvent parallèlement contacter le médecin du travail. Celui-ci estimera la nécessité d’une orientation vers une prise en charge spécialisée et appréciera l’opportunité d’un aménagement de poste ou d’une redéfinition des objectifs et des moyens à leur disposition. Le service de santé au travail peut également aider l’entreprise à repérer les facteurs de risques professionnels en lien avec les cas de burnout portés à sa connaissance.

Source et ressources : https://www.inrs.fr/risques/epuisement-burnout/ce-qu-il-faut-retenir.html

Le burn out parental

Le burn-out parental par Géraldine Maigret , psychologue spécialisée en neuropsychologie

source : NewsLetter de la psychométrie #22, du 6 novembre 2020

Un petit rappel historique s’impose pour mieux appréhender la situation actuelle des parents au XXIème siècle.

Des changements concernant la place de l’enfant au sein de la famille ainsi que des évolutions de la structure familiale et des rôles parentaux ont commencé à apparaitre à la fin des années 60. Cette période coïncide avec l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies, en 1959, de la Déclaration des Droits de l’Enfant où sont exposés 10 grands principes. Bien qu’à cette date il ne s’agisse que d’une déclaration de principe, d’ordre moral et non contraignante pour les états, elle est le signe d’une véritable reconnaissance des droits de l’enfant.

L’avènement de l’autorité parentale conjointe, en 1970, est une autre date marquante dans la nouvelle structuration de la famille. Jusqu’alors, cette autorité était exercée uniquement par le père.

Il faudra attendre les bouleversements de Mai 68 et la prise de parole des psychanalystes et des pédagogues pour voir le paysage social et familial évoluer davantage. Cette époque sera marquée par un profond remaniement des valeurs traditionnelles, avec une place nouvelle accordées aux femmes dans la société (accès à la contraception efficace, loi Veil janvier 1975, loi sur le divorce en 1975…).
Tous ces bouleversements de la société ainsi que l’amélioration des conditions de vie vont contribuer à réduire le nombre d’enfants au sein de la famille. « Avoir un enfant » devient un choix lucide et réfléchi pour le plus grand nombre, un bien précieux tant au niveau familial qu’au niveau social.

Mais les dernières décennies ont mis à mal les parents, notamment par le biais de la multiplication des réseaux sociaux qui publient massivement des images de « parents idéaux, admirables et accomplis » et qui prônent des climats de bienveillance et de pédagogie positive. Comme mentionné par Moïra Mikolajczak, professeure de psychologie à l’Université de Louvain-la-Neuve : »il faut arrêter de poster des photos parfaites car elles peuvent créer des situations de stress pour les autres parents ».

En lien avec la situation extraordinaire de confinement que nous venons de vivre, la notion de burn-out parental et les études scientifiques qui y sont liées ont inondé les médias et les réseaux sociaux. Et tant mieux !

La reconnaissance de l’existence de ce trouble, touchant de plus en plus de parents, est principalement due aux travaux de recherche colossaux réalisés par Isabelle Roskam et collaborateurs de l’Université de Louvain-la-Neuve. Selon les chiffres des chercheuses, la prévalence du burn-out parental serait de 5% et les personnes présentant un risque élevé de développer des symptômes caractéristiques du burn-out parental représenteraient 8% de la population générale.

Qu’est-ce que le burn-out parental ?

Il s’agit tout d’abord d’un trouble appartenant à la catégorie des pathologies liées au stress.

La présence d’un stress chronique va progressivement déséquilibrer la balance entre les « stresseurs » (facteurs de risque) que rencontrent les parents et les « ressources » (facteurs de protection) sur lesquelles ils peuvent s’appuyer. Dans la majorité des cas, le stress des parents est compensé par des moments agréables et positifs de parentalité.

Méthode Balance  Risques/Ressources appliquée à la parentalité.

Mikolajczak, M., & Roskam, I. (2018). A Theoretical and Clinical Framework for Parental Burnout: The Balance Between Risks and Resources (BR2). Frontiers in Psychology, 9. doi: 10.3389/fpsyg.2018.00886 

Les symptômes primaires et les outils

Le Parental Burnout Assessment (PBA) comporte 23 items organisés en 4 dimensions (Roskam, Brianda, & Mikolajczak, 2018), représentant les 4 symptômes cardinaux  du burn-out parental :

1.    L’épuisement émotionnel en lien avec la parentalité.
2.    La distanciation émotionnelle du parent envers son/ses enfant(s).
3.    La saturation et la perte de plaisir liées au rôle de parent.
4.    Le contraste entre le « parent d’avant » et « le parent d’aujourd’hui ».

Le diagnostic différentiel est essentiel pour accompagner au mieux les parents, afin de distinguer le burn-out parental d’un burn-out professionnel, d’une dépression et du trouble anxieux généralisé.

Quelques grandes étapes de la prise en charge :

Reconnaître la souffrance et la nommer constitue déjà une avancée significative pour ces parents qui, la plupart du temps, ne partagent pas leur expérience douloureuse avec leurs pairs par crainte d’être jugés.

Le professionnel travaille dans un premier temps sur l’identification des risques principaux (agents stresseurs) rencontrés par le patient et des ressources dont il dispose. Pour mener cette exploration, il peut s’appuyer sur le modèle BR2 © (modèle de la balance des risques et des ressources), à partir d’un questionnaire spécifique.

Il accompagne les parents (individuellement ou en couple) afin qu’ils puissent identifier de manière constructive les sources de stress dans leur environnement et les aide à mettre en place des stratégies visant à les diminuer et/ou à mieux les gérer.
Les ressources disponibles sont, quant à elles, valorisées et le professionnel aide les parents à les déployer et les enrichir, en tenant compte de leurs besoins spécifiques et de leurs capacités, l’objectif étant de rééquilibrer la balance Ressources / Stresseurs pour les amener à éprouver à nouveau du plaisir dans leur parentalité.

“Chaque burnout parental a son histoire. Il n’existe pas de profil type du parent en burn-out. L’épuisement guette tout parent qui accumulerait un trop grand nombre de risques sans compenser par des ressources.”

Isabelle Roskam, Moïra Mikolajczak, Le burn-out parental, 2018, De Boeck supérieur (Carrefour des psychothérapies).

La technique respiratoire du bourdon

Bhramari pranayama, la technique respiratoire du bourdon, une technique simple et efficace, aux confins du yoga et de la pleine conscience :

Volontiers en posture assise, dos libre de tout contact, tête droite.
Il est possible d’initier la pratique par une «lecture du corps» (ou «scan corporel»).

Les index bouchent les oreilles, sans entrer dans les conduits auditifs.
La bouche reste fermée, mâchoire inférieure relâchée.

Inspiration par le nez, expiration en soutenant la prononciation continue d’un «Mmmmm…», initié au niveau de la gorge, orienté vers le crâne.

Assis, dos redressé. Oreilles bouchées par indexDessin original de Laelia GAUTIER

Continuer ainsi sur 12 respirations, avant de réaliser une pause de totalisation silencieuse, attentif aux sensations au niveau de la tête.

Plusieurs études scientifiques ont prouvé l’efficacité de Bhramari pranayama :

Son influence sur la pression artérielle et la fréquence cardiaque a été évaluée lors d’une étude menée en 2010 par le Dr Tapas Pramanik (Département de physiologie, Nepal Medical College, Jorpati, Kathmandou). Lors de cette exploration, ces deux paramètres ont été mesurés sur un groupe de 50 volontaires en bonne santé. Les participants ont ensuite effectué pendant 5 minutes Bhramari pranayama, dans un endroit frais et bien aéré.

Puis les mêmes constantes ont été de nouveau mesurées. Les résultats enregistrés montrent une diminution significative de la pression artérielle (diastolique et systolique) ainsi qu’une légère baisse de la fréquence cardiaque. Ceci après seulement cinq minutes.

Interrogés sur leur sentiment après cet exercice, la plupart des participants témoignent d’un calme d’esprit, d’une sensation de bien-être. Ceci est confirmé par de très nombreuses études médicales démontrant le lien entre modes de respiration et états émotionnels. Les pranayamas permettent de réduire les niveaux d’anxiété par une augmentation de l’activité parasympathique dans le système nerveux autonome.

L’état de détente attentive instaurée par une technique méditative est caractérisé par la présence de l’activité alpha dans le cerveau (activité électrique de 7,7 à 12,5 Hz). Lors d’une méditation profonde, la fréquence peut baisser encore davantage.

Cependant, des études ont démontré que dans certaines situations, des pratiquants expérimentés peuvent générer une activité d’une amplitude rare, dans une plage de gamma (de 32 à 100 Hz par seconde).

Or, dans une autre étude sur bhramari pranayama, publiée en 2009 dans la revue Consciousness and Cognition (EEG paroxysmal gamma waves during Bhramari Pranayama: a yoga breathing technique), l’activité du cerveau pendant le bourdonnement a été mesurée. Les résultats ont démontré que, même chez les débutants, il y a présence d’ondes gamma.

Le bourdonnement a également une répercussion sur les sinus. D’après le Professeur Pär Stjärne (médecin chef de clinique, oto-rhino-laryngologiste à l’institut Karolinska en Suède), le fait de produire ce son permet de libérer des sinus, du monoxyde de carbone qui y est produit.

Ce gaz pénètre ensuite dans les poumons lors de la prochaine inspiration ; il aide à dilater les alvéoles, à augmenter l’absorption d’oxygène et contribue à protéger les poumons des infections.

Le bourdonnement soulage aussi les acouphènes. C’est ce qu’a démontré Sidheshwar Pandey, médecin indien, spécialiste de l’audition. Même les personnes présentant de sévères acouphènes peuvent pratiquer cette respiration.

Pratiquer bhramari pranayama permet une amélioration des résultats scolaires

Une étude menée en Inde et rapportée en 2012 a évalué l’effet de bhramari pranayama sur la quantité et la qualité de l’apprentissage atteint chez un sujet après une période d’instruction. Il s’agissait de savoir si bhramari pranayama pouvait avoir une incidence positive sur le rendement scolaire en mathématiques, en sciences et en études sociales.

D’autres études déjà avaient démontrés comment le stress, l’angoisse et la manque de concentration interfèrent et altèrent le processus de mémorisation et comment bhramari pranayama permet d’en réduire les effets en procurant du calme et en augmentant la consommation d’oxygène dans le cerveau (Effects of Bhramari Pranayama on health – A systematic review)

Durant 7 jours, 65 élèves de 14 à 15 ans, en difficultés scolaires, se sont prêtés à cette expérience. Les résultats révèlent que le groupe d’adolescents souffrant de déficit d’attention a nettement amélioré sa performance ainsi que sa vigilance suite à la pratique de bhramari pranayama.

Texture tiré en partie de https://blog.green-yoga.fr/brahmari-pranayama-technique-bourdon/

De quel psy… parlons-nous ?

Psychiatre, Psychologue,Psychothérapeute, Psychopraticien, Psychanalyste, Psychomotricien ?

Comment s’y retrouver ?

Il existe encore aujourd’hui, même chez certains professionnels de la santé, des confusions entre ces différents termes.

Tous ces «psy…» ont en commun de s’intéresser à la psyché humaine, aux processus psychologiques. Les uns par le biais d’une approche scientifique, les autres de manière plus empirique, voire philosophique. La plupart exerce dans le domaine du soin, certains psychologues – comme nous le précisons plus loin – dans des domaines différents.

Tentons de clarifier ces classifications, notamment au regard de leur cursus préalable en France…                                                  Lecture d’environ 6 min.

Psy...

Le psychiatre

Il est d’abord médecin, donc titulaire d’un doctorat, ayant suivi un premier parcours universitaire commun à tous les docteurs en médecine.

Après un cursus de 10 années, il a obtenu un DES (Diplôme d’Etudes Spécialisées).
Comme d’autres peuvent s’orienter vers la cardiologie, la gériatrie, etc., le psychiatre s’est spécialisé dans la maladie mentale.

A noter que les pédopsychiatres, comme le nom l’indique, sont des psychiatres spécialistes des enfants.

Psychiatres et pédopsychiatres prescrivent par le biais d’une ordonnance des psychotropes : neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs, normothymiques (régulateurs de l’humeur), hypnotiques.

Ils réalisent des diagnostics, prescrivent et administrent un traitement (médicamental et/ou psycho-thérapeutique) pour lutter contre les souffrances psychiques ou les troubles psychiatriques.

Psychothérapie verbale

Ils peuvent exercer en institution publique, dont les hôpitaux spécialisés, ou en cabinet libéral.

Le psychiatre n’a pas forcément suivi une formation longue en psychothérapie, même s’il a une connaissance des principales approches.

Le neuropsychiatre

La neuropsychiatrie désignait l’exercice conjoint de la neurologie et de la psychiatrie, séparées en France à partir de 1968.

Le psychologue

Le psychologue a validé un cursus universitaire de cinq années après le BAC, sanctionné, avant la réforme, par un D.E.S.S. à visée directement professionnelle (Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées, avec un stage pratique en entreprise), ou un D.E.A. , initiant en général un Doctorat (Diplôme d’Etudes Approfondie, avec depuis plusieurs années la possibilité d’un stage pratique conférant le titre de psychologue). Ces deux cursus sont axés dès le départ sur la psychologie, en plus de cours de biologie, statistiques et méthodologie.

Depuis 2002 et la réforme  (BAC +) « 3-5-8 », Licence-Master-Doctorat – L.M.D., avec l’harmonisation européenne des grades universitaires, le D.E.S.S. et le D.E.A. ont été remplacés  par le diplôme de Master (M2 ou Master 2è année), également de niveau BAC+5.

NOTE : La majorité des psychologues français n’a pas de doctorat en psychologie. C’est donc une erreur de les appeler Docteur. Il est par ailleurs possible d’avoir le titre de Docteur en psychologie, sans avoir le titre de psychologue !

Le diplôme de psychologue est reconnu par l’État depuis 1985. L’usage du titre de psychologue est donc réglementé et protégé.

L’usurpation du titre de psychologue est un délit (infraction prévue par l’article 433-17 du code pénal).

Là où réside la confusion, c’est que la majorité des psychologues n’est pas psychothérapeute, c’est à dire que ces psychologues n’exercent pas leur activité en face à face avec une personne en souffrance psychologique.

psychologue

Ils peuvent exercer dans des fonctions différentes sans la mise en avant de leur titre. Nous pouvons ainsi les trouver dans le service des Ressources Humaines d’une entreprise, ou dans des missions de recrutements. Ils peuvent être présents dans la formation ou l’orientation professionnelle (conseiller en bilan de compétences, psychologue scolaire).

La psychologie couvre en effet de nombreux domaines différents.

Citons :

    • La psychologie cognitive appliquée essentiellement aux connaissances, aux apprentissages, aux évaluations intra-psychiques. Elle est aussi la base des approches en psychothérapie des T.C.C.
    • La psychologie sociale, qui s’intéresse aux effets des interactions sociales sur l’individu.
    • La psychologie du travail  étudie les interactions de la personne avec l’entreprise, l’analyse des tâches et fonctions, l’ergonomie, les compétences professionnelles, etc. et leurs implications dans le monde du travail.
    • La psychologie du développement, depuis le fœtus jusqu’à la mort (les compétences en fonction des stades de développement…).
    • La psychologie différentielle qui étudie la variabilité (inter et intra-individuelle) des comportements et processus mentaux.
    • La psychologie clinique, qui est la plus proche de la représentation commune du « psy » : on y trouve des activités d’expertises (évaluations, bilans psychologiques) et celles de suivi psychologique avec la psychothérapie d’aide et de soutien.

Les psychologues sont soumis à un code de déontologie.

Les psychologues cliniciens ont, comme tout psychologue, une formation de base scientifique. Ils complètent leur formation universitaire par l’acquisition de compétences dans un ou plusieurs modèles psycho-thérapeutiques et continuent de s’informer ou se former tout au long de leur activité.

Le neuropsychologue

Il s’agit d’un psychologue spécialisé en neuropsychologie.
Son rôle est d’évaluer à travers un entretien clinique et une série de tests normalisés et standardisés le fonctionnement cognitif (attention, mémoire, raisonnement, langage…) et le comportement (émotivité, agressivité, hyperactivité…) de toute personne atteinte d’une lésion cérébrale ou d’un trouble neurologique.
Une évaluation neuropsychologique peut également concerner une personne ayant des plaintes cognitives, en dehors de toute pathologie connue.

Le psychothérapeute

Il s’agit d’un professionnel, spécialisé dans le domaine du soin psychologique.

Face à quelques risques de dérives, le titre de psychothérapeute est encadré par la loi d’août 2009 et le décret de mai 2010. Le psychothérapeute doit donc pouvoir vous communiquer sa certification d’enregistrement à l’A.R.S. – Agence Régionale de Santé – qui lui délivre un numéro ADELI.

L’usurpation du titre de psychothérapeute est, lui aussi, un délit.

Ce titre est réservé depuis 2010 :

    • aux psychiatres, ainsi qu’aux médecins qui auront effectué quelques stages ;
    • aux psychologues cliniciens ou autres psychologues, moyennant des formations complémentaires spécifiques ;
    • aux psychothérapeutes d’avant 2010, qui ont plus de cinq ans d’exercice, avec une formation suffisante en psychopathologie et ayant validé leurs expériences (VAE1) devant une commission ;
    • à certains psychanalystes, qui étaient initialement exclus de cette classification.

Une précision :

De nombreuses structures et de nombreux professionnels ont contourné le problème en ajoutant simplement un préfixe ou un suffixe au mot thérapeute. Nous ne pouvons qu’inviter à la prudence en vérifiant systématiquement que le thérapeute est bien inscrit à l’ARS.

Gestalt-thérapie, thérapie systémique, thérapies humanistes, analyse transactionnelle, hypnose éricksonienne, thérapie des schémas, programmation neurolinguistique, approches psychocorporelles, art thérapie, thérapies à médiation, etc.  Avec plus de 400 approches* officiellement répertoriées, le domaine de la psychothérapie est très vaste. De nouveaux courants ou modalités thérapeutiques apparaissent régulièrement.

Deux exemples :

Encore très présentes en France, certaines psychothérapies sont d’inspiration psychanalytique c’est-à-dire qu’elles s’appuient sur les théories de la psychanalyse (voir plus loin). Dans une approche souvent plus pragmatique que cette dernière, elles sont axées sur l’explication des difficultés présentes par des processus inconscients. Le passé y a une place essentielle. Le suivi thérapeutique nécessite le plus souvent un nombre important de séances.

Les Thérapies Cognitives et ComportementalesTCC qui en sont à leur « troisième vague »2, représentent une approche très différente. Le passé est abordé à travers une analyse fonctionnelle qui vise à comprendre et expliquer au patient les difficultés présentes. Des objectifs thérapeutiques sont définis entre le patient et le psychothérapeute, qui collaborent ensemble à la thérapie. Le présent et le futur sont les axes principaux de l’accompagnement. Le thérapeute donne des tâches complémentaires 3 à réaliser entre les rencontres : la thérapie est ainsi souvent « brève » et axée sur le pragmatisme et l’efficience. L’approche psycho-éducative, l’envoi de supports, contribuent à la transmission de nouvelles compétences psychologiques qui s’inscrivent dans le long terme. Les T.C.C. sont des psychothérapies s’appuyant sur les recherches scientifiques en psychologie et neuropsychologie. Elle sont régulièrement évaluées et certaines de leurs techniques peuvent ainsi être écartées, d’autres modifiées ou ajoutées.

Au-delà des étiquettes ou des appellations, des méthodes et des techniques, le choix d’un psychothérapeute reste personnel.

Nous savons notamment que l’alliance thérapeutique – ce lien entre patient et soignant – est essentielle dans le processus de changement. Par ailleurs, le psychothérapeute doit adapter son approche à chaque situation singulière, et non adapter le patient à sa théorie.

Le psychopraticien

Appellation plus récente qui désigne, là encore, un professionnel spécialisé dans le soin psychologique.

En bref, nous pouvons dire qu’il s’agit d’un psychothérapeute ne pouvant pas prétendre à ce titre encadré par la loi, ici par des politiques non spécialistes. Il peut en effet être reproché à ces derniers de sembler s’appuyer davantage sur les connaissances et diplômes que sur les compétences et expertises.

Des syndicats représentatifs de la profession se sont ainsi mis d’accord sur ce terme de psychopraticien.

Il s’agit de la dénomination d’une activité professionnelle, et non d’un titre, dénomination déposée à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) en 2009.

L’European Association for Psychotherapy (EAP) a créé un Certificat Européen de Psychothérapie. Pour l’obtenir, il faut avoir validé des études supérieures (bac + 3), ainsi qu’une formation approfondie spécifique de quatre ans minimum. Ce certificat, comme les attestations de formation en psychothérapie de ces professionnels sont délivrés par des structures privées. Ils ne sont pas reconnus par l’État.

Il est a souligner qu’ainsi les exigences de cette Fédération sont plus élevées, les compétences cliniques, pratiques, plus contrôlées, que lors des formations universitaires de base des psychologues cliniciens.

Le psychanalyste

Le terme de psychanalyste a été créé vers 1896 par le neurologue autrichien Sigmund Freud (1856-1939). Ce n’est pas un titre protégé par la loi française.

Le psychanalyste d’aujourd’hui a souvent une formation universitaire, y compris dans d’autres disciplines. Il est en effet utile, voire nécessaire, qu’il ait une bonne culture en sciences humaines.

psychanalyse

En plus de l’étude théorique des texte de S. Freud, le psychanalyste a suivi lui-même au moins une psychanalyse puis, une analyse didactique, supervisée par un psychanalyste expérimenté. Devenir psychanalyste nécessite un long travail d’introspection et de clarification, au fil de nombreuses années.

La base de cette approche est d’expliquer que nos émotions, nos relations et nos comportements, sont d’abord déterminées par des facteurs inconscients. Ces processus inconscients se sont construits notamment lors de nos premières interactions, dans notre petite enfance. Le travail analytique, basé sur le discours (notamment autour des rêves, des actes manqués et lapsus), vise à révéler certains de ces processus, à en dévoiler la genèse, pour développer une plus grande lucidité, accepter la souffrance et mieux composer avec la réalité. Ce procédé nécessite beaucoup de temps, certains psychanalystes considérant qu’il n’est jamais terminé. La cure analytique prend souvent ainsi plusieurs années, au rythme d’une séance chaque semaine, en moyenne.

Depuis Jacques Lacan (1901-81), la psychanalyse est davantage présentée comme un mode de connaissance de soi, de compréhension de nos fonctionnements psychiques, dans laquelle la guérison peut advenir « de surcroît »… mais pas forcément.

Françoise Dolto (1908-88) distinguait la psychothérapie de la psychanalyse : en cas de souffrance, il est préférable de privilégier la première.

Le psychomotricien

Un psychomotricien est titulaire d’un Diplôme d’Etat, obtenu après une formation spécifique de trois ans.

Il travaille sur prescription médicale et après examen neuropsychologique du patient par le médecin.

Il intervient auprès des enfants, des adultes et des personnes âgées qui présentent des maladresses, des difficultés motrices ou graphiques, qui ont des difficultés pour se repérer dans l’espace ou le temps, ou encore qui sont en difficulté pour investir leur corps.

ll réalise des bilans psychomoteurs,  une rééducation des troubles du développement psychomoteur ou des désordres psychomoteurs (au niveau de la motricité globale, la motricité fine, le schéma corporel, l’adresse, les coordinations, l’organisation spatiale, etc.), au moyen de techniques de relaxation dynamique, d’éducation gestuelle, d’expression corporelle ou plastique et par des activités rythmiques, de jeu, d’équilibration et de coordination.

Il contribue, par des techniques d’approche corporelle, au traitement des déficiences intellectuelles, des troubles caractériels ou de la personnalité, des troubles des régulations émotionnelles et relationnelles et des troubles de la représentation du corps d’origine psychique ou physique.


PSY… Remboursement par la C.P.A.M.
Caisse Primaire d’Assurance Maladie
Psychiatre Le psychiatre est un médecin. De ce fait, les séances sont partiellement et forfaitairement remboursées.
Les honoraires  du psychiatre conventionné en secteur 2 sont libres.
Psychologue Le plus souvent non remboursé.
Il existe une possibilité de remboursement dans le cadre de soins dans un établissement public comme dans un hôpital, ou dans un Centre Médico-Psychologique (psychologue clinicien). Voir aussi ci-dessous.
Psychothérapeute Non remboursé.
Un plan expérimental est toutefois en cours depuis 2018 dans quatre départements français, dont – en Bretagne – le Morbihan (56), avec quelques psychothérapeutes et psychologues partenaires, dans un cadre restreint.
Psychopraticien Non remboursé.
Psychanalyste Non remboursé.
Psychomotricien Non remboursé.
Il est cependant possible d’obtenir, même si cela est rare, un remboursement du bilan et des séances, dans le cadre d’une prise en charge psychomotrice.

Merci à mes quelques amis relecteurs, notamment B. Tanguy, qui m’ont permis d’améliorer cet article.

NOTES

Cet article a été initié par un échange avec ma fille Laelia.

1 –  VAE : Validation des Acquis de l’Expérience. Voir www.vae.gouv.fr

*Ce nombre de 400 psychothérapies est cité par Olivier Chambon, Michel Marie-Cardine, dans«Les bases de la psychothérapie» – 3e édition de 2019, Dunod.

2 – La 1ère vague des T.C.C. est la vague comportementale radicale (conditionnement opérant), débutée vers 1950 aux Etats Unis d’Amérique. La seconde est la vague cognitive, initiée vers 1970. Elle met l’accent, pour simplifier, sur le repérage et la modification des pensées et croyances dysfonctionnelles. La plus récente, parfois désignée comme la vague émotionnelle, à débuté dans les années 1990. Elle axe le travail thérapeutique sur l’acquisition d’une plus grande souplesse psychologique en modifiant non pas tant le contenu que le rapport entretenu avec les ressentis, les émotions et pensées difficiles, pour plus d’acceptation et d’actions vers ce qui est important pour le patient. 

3Les tâches en TCC  sont des exercices d’application progressifs et des stratégies concrètes pour le quotidien. Il s’agit de développer par l’entraînement de nouvelles compétences psychologiques et comportementales et agir concrètement en direction d’objectifs et valeurs personnelles. Ainsi, lorsque l’on parle de thérapie brève, en réalité, c’est un peu comme si le patient réalisait une ou plusieurs séances quotidiennes, du fait de ces tâches réalisées entre chaque rencontre.

Le Soi ou le personnage

“Pouvez-vous vous présenter … ?”

C’est une question à laquelle nous sommes tous confrontés, plusieurs fois dans notre vie.

C’est – sauf exception – une réponse sociale en termes d’activité qui est attendue.

Comme si cela nous définissait…

Masques et apparences
Ne pas confondre fonction et être

Petite proposition pour les personnes curieuses, en lien avec des travaux en psychologie sociale : répondez 20 fois de suite (différemment à chaque fois et brièvement) à la question « Qui suis-je ?(1) .

Les résultats suivent une progression intéressante, qui part d’une présentation publique (fonctions ou travail, statut social, marital, etc.), pour progresser généralement vers des éléments plus intimes…

Le soi comme contenu

Sans entrer dans une réflexion philosophique, mon propos est surtout ici de souligner une source de problèmes :

La confusion entre notre histoire
(nom, sexe, origines, métier, relations, statut marital, expériences, rôles, etc.)
et qui nous sommes réellement.

En Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT) que je privilégie, c’est l’un des six processus centraux, source de souffrance (2) : l’attachement au soi conceptualisé, ou « soi comme contenu » (Patty Bach), c’est à dire à une manière de nous décrire. Jonathan Lehmann utilise les termes de «Moi histoire».

Si nous commençons à croire cette histoire qui nous traverse,  à croire que nous sommes cette histoire et surtout si nous y attachons de l’importance, alors nous risquons un jour ou l’autre d’être confrontés à des problèmes.

Si nous nous attachons à ces rôles, ces statuts actuels ou bien de notre passé, nous glisserons alors vers la souffrance au moindre écueil les remettant en question, ou les modifiant (séparation, perte d’emploi ou de revenus, retraite, dégradation physique, etc.).

Le personnage : ce que nous présentons

Sans doute beaucoup d’entre vous connaissent l’étymologie du mot personnage utilisé depuis le XIIIè siècle. Il me semble intéressant d’y faire un court détour.

Ce mot est en effet formé à partir du latin Persona qui désigne le masque de l’acteur : ce qui est présenté, visible.

Il va ensuite désigner un rôle dans une pièce de théâtre ; pour finalement signifier « caractère ».

Le rôle de l’acteur n’est pas l’acteur.
Ne pas confondre la fonction et l’Être.

Comment faire ?

Depuis le début de votre lecture, peut-être avez-vous trouvé quelques pistes.

L’une d’elles consiste justement à ne pas s’attacher (ou à s’attacher le moins possible) à cette histoire, j’ai envie d’écrire, à notre passé.

La thérapie d’ACT vise ainsi – parmi 6 axes thérapeutiques – à développer une meilleure conscience de soi,  de cette part de nous qui reste commune, quoi que nous vivions et traversions.

Le Soi comme contexte

Nos pensées changent continuellement. Nos sentiments varient. Nos statuts, notre corps se modifient…

Pourtant, il y a ce « je » invariant derrière toutes nos expériences. L’essence de notre Être.

Je ne parle pas toutefois de cette partie de nous qui pense, qui a des croyances, des souvenirs, des fantasmes (le soi penseur, voire ce « Moi jacasseur », pour reprendre les termes de J. Donnars). Il s’agit d’un aspect beaucoup moins familier et plus difficile d’accès, source de libération.

En thérapie d’ACT on le désigne par les termes de Soi comme contexte (en opposition au soi comme contenu). Il s’agit de cette part qui peut observer nos expériences psychiques et émotionnelles, ce Soi qui reste le même, que nous soyons enfant ou très âgé. Il peut être rapproché de la notion du «Moi Présent» de Jonathan Lehmann, même si ce dernier correspond davantage à un autre axe essentiel en Thérapie d’Acceptation et d’Engagement…

Comme beaucoup de psychothérapeutes, je privilégie pour plus de clarté les termes de Soi Observateur.

Concrètement, cela passera par la pratique, l’entraînement. Il s’agit d’apprendre à faire ce pas de côté, à prendre du recul en observant dans l’instant ce qui nous traverse : d’abord nos sensations, ensuite nos pensées puis nos émotions difficiles.

Il s’agit de développer, progressivement, à l’aide d’exercices spécifiques, le point de vue de l’observateur.

N’hésitez pas, pour cela, à vous faire accompagner…

Cet article a été écrit suite à une séance de psychothérapie le 28 mai dernier* au sujet de la confusion entre fonctions et personne : je remercie mon patient qui se reconnaîtra pour cela. [*en 2020]

Notes bas de page :

(1) Test de Kuhn et Mc Partland (1954).
(2) Nous présenterons plus tard de manière synthétique les cinq autres processus et la « rigidité psychologique » : Fusion cognitive – Evitement expérientiel – Prédominance du passé et futur conceptualisés, connaissance de soi limité – Manque de clarté/contact relatif aux valeurs – Actions inutiles ou négatives.

Accepter et Agir

Avoir la sérénité d’accepter ce qui ne peut être changé (nos pensées, émotions difficiles…).

S’engager et agir vers ce qui est important pour nous, malgré l’éventuel inconfort…

Qu'est-ce que l'acceptation ?
Accepter n’est pas se résigner

Deux phrases qui résument la Thérapie d’Acceptation et d’Engagement, inscrit dans la dernière «vague» des Thérapies Comportementales et Cognitives.

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