Hypersensibilité : une forme de génie (Fabrice Midal)

Vous vous êtes toujours senti différent ? Gêné dans les fêtes où l’on devrait s’amuser, mal à l’aise en réunion de boulot, avec une pensée qui part dans tous les sens ? Trop émotif, trop curieux, trop empathique, trop affectif ? Incapable de jouer le jeu social bien longtemps, écorché vif, jusqu’à vous sentir souvent un ovni ? Fabrice Midal aussi.

Philosophe et fondateur de « L’Ecole de Méditation », l’auteur de « Foutez-vous la paix » publie « Suis-je hypersensible ? Enquête sur un pouvoir méconnu » (éd.Flammarion/versilio), un livre aussi bienveillant que pragmatique qui pourrait radicalement vous changer la vie (et celle de vos proches). Voici pourquoi en quatre points.

1-PARCE QUE FABRICE MIDAL PART DE SA PROPRE EXPÉRIENCE

« Je rêvais d’être calme, j’étais dans l’hyper, dans l’excès, dans le trop », confesse d’emblée celui qui « ne savait pas quoi faire avec l’intensité qui le traversait. » Il a passé son enfance à sur-réagir à tout, au volume de la télévision comme au froid et au chaud, à la foule comme aux blagues… La vie de cet hyper-émotif était « une succession de montagnes russes ». Des hauts très hauts, des bas très bas. Parfois c’était insupportable (il se trouvait inadapté, idiot, parano), parfois c’était exaltant (tant il vibrait avec le monde). Longtemps il a multiplié les efforts pour se couler dans le moule, essayer de prendre plus de distance, mettre sa sensibilité en sourdine… Jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il était hypersensible. Mettre un nom sur ce qu’il appelle désormais « une chance, un cadeau de la vie » a été une révolution intime, qu’il entend partager ici avec la grande famille des hypersensibles, mais aussi des proches qui ne comprennent pas toujours certaines réactions ou manière de vivre.

2-PARCE QU’ON COMPREND AVEC LUI CE QU’IL SE PASSE POUR NOUS

Le philosophe nous propose une véritable enquête, à la rencontre de spécialistes et d’hypersensibles, de pédagogues et d’enseignants, de scientifiques. À force de consulter des études, de relire des philosophes et des écrivains, il a compris qu’il y a sans doute autant de formes d’hyper-sensibilité que d’individus hypersensibles. Et puis il nous éclaire sur le fondement physiologique de cette différence : dans le cerveau de Fabrice Midal comme dans celui de tout hypersensible, « tout se passe comme s’il n’y avait pas de séparation entre l’hémisphère gauche de la raison et l’hémisphère droit de l’émotion ». Les informations reçues arrivent sans filtre. Les signaux sensuels (bruits, odeurs, froid, chaud) se mêlent aux signaux émotionnels et aux signaux plus cérébraux. D’où parfois la sensation d’être noyé sous un brouhaha et, pour s’en remettre, le besoin de solitude ou de silence.

3-PARCE QU’IL MONTRE COMMENT CETTE HYPERSENSIBILITÉ EST UN DON

Lui-même a mis du temps à s’en convaincre. Comment cette malédiction contre laquelle il a tant lutté pouvait-elle être un vrai cadeau de la vie ? Avec moults exemples, Fabrice Midal nous montre comment les hypersensibles ont une intelligence très singulière, pas toujours parfaitement logique selon les critères cartésiens, mais surtout remarquablement intuitive, parfois jusqu’à la fulgurance. On comprend aussi que c’est aussi une aide formidable pour faire face à la complexité de l’époque actuelle : « L’hypersensibilité se manifeste par une très profonde humanité qui est la meilleure manière d’assumer les contradictions de l’existence ». Plus que les autres, qui filtrent les informations de l’extérieur sous le prisme de la raison, les hypersensibles, dont les antennes sont complétement déployées, se révèlent beaucoup plus intensément en rapport au réel. Au fil de ses exemples, il nous rappelle que c’est le don des artistes, des poètes, et de tous ceux qui ont des connections avec un monde plus vaste. C’est aussi le signe d’une délicatesse, d’une grande attention aux autres, bref, une forme de génie.

4-PARCE QU’IL NOUS DÉVOILE AUSSI LES CLÉS POUR L’APPRIVOISER

Il le faut parce que sinon, tous les hypersensibles le savent, ils courent à la catastrophe ! La vie peut devenir invivable. Le danger ? S’épuiser dans le rejet vain de sa sensibilité, de se créer un faux self, une carapace pour essayer de correspondre enfin à ce que l’on croit que les autres attendent de nous… Et d’exploser en vol sous ce carcan inhumain dans lequel on se sera nous-même enfermés. La première étape, nous apprend le philosophe, est d’accepter pleinement cette singularité sans chercher en vain à l’étouffer. La seconde, est de chercher à comprendre son propre mode d’emploi pour pouvoir l’intégrer dans sa vie. Il s’agit, prévient-il « d’un travail d’accueil profond et exigeant. » Lui par exemple ? « J’ai appris à établir la distinction entre ce que je ressens et la manière dont il convient d’agir à partir de ce que j’ai la chance de ressentir. J’ai établi un équilibre entre mes « antennes » surdéveloppées et mes « filtres » atrophiés. » Au fil de son enquête profondément éclairante, il nous livre quelques antidotes précieux, comme le passage à l’action, et explique en quoi le recours au silence, à la nature et à la beauté sous toutes ses formes sont des baumes puissants pour tout les écorchés. Où l’on comprend qu’un hypersensible est avant tout un hyper-vivant, qui ne se contente pas de peu mais aspire sans fin « au Whaou !, au sublime, au vrai , au juste. »

Par Dorothée Werner, Dorothée Werner
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