Relation perverse

On entend souvent parler du terme « pervers narcissique » dans les médias et dans la société, mais on s’intéresse rarement au mécanisme de la relation que les victimes entretiennent avec ce type de personne.

Pourquoi ce sont ces personnes qui se retrouvent en proie à une relation perverse, quelles sont les conséquences psychologiques sur les victimes et comment se sortir de ce type de relation, voici les questions auxquelles Maximilien Bachelart, Docteur en psychologie, répond dans cet épisode.

Ce qu’on appelle communément un pervers narcissique, comment le nommeriez-vous ?
Que pensez-vous du terme pervers narcissique ? 1:12
Certaines personnes sont-elles plus susceptibles que d’autres à tomber dans le piège de ce type de personne ? 4:25
Pour résumer, le manque d’estime de soi et le manque de confiance en soi nous rendent donc fragiles face à ces personnes ?
7:02
Est-ce que lorsque l’on est jeune, on est d’autant plus fragile face à ce type de personne, étant donné qu’on construit son identité ?
8:21
Comment peut-on reconnaitre ce type de profil? Y a t-il des signes que l’on peut repérer en amont ?
10:23
Quelles sont les conséquences psychologiques sur la victime ?
14:47
Avoir une relation de ce type peut donc nous aider à mieux nous connaître et à savoir ce que l’on veut ?
17:07
Comment sortir de ce type de relation lorsque l’on ne se voit pas sans l’autre ? Y a t-il différentes phases ?
18:50
Quand on se rend compte qu’un proche est dans une relation de ce type, est-ce qu’il y a des choses qu’on peut faire ou qu’on peut dire pour l’aider à se sortir de sa relation ?
23:04
Donc plutôt orienter la personne vers un service adapté pour prendre en charge ce type de problématique ?
27:28
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce que la psychothérapie peut apporter à ce type de souffrance ?
30:40
Beaucoup de personnes en prise dans une relation perverse trouvent des excuses à l’autre. Que pouvez-vous dire là-dessus ?
33:55
Est-ce que le fait de comprendre la personne peut nous aider à aller mieux ?
7:38
Quel message voulez-vous que les jeunes retiennent ?
41:50

Attention : si l’intensité de la problématique entrave ton bon fonctionnement, les conseils partagés dans cette série peuvent ne pas être suffisants ; il sera alors plus adapté d’être accompagné par un professionnel de santé.

Spiritualité

Bonjour,

S’il est aujourd’hui facile de la distinguer de la religion, peut-être faudrait-il définir ou préciser ce qu’est la “spiritualité“.

J’ai aimé lire un jour chez T. Janssen que “La religion divise et la spiritualité rassemble“. J’ai été surpris de lire cette même phrase dans les propos de F. Mitterrand, propos reportés par Marie de Hennezel dans son ouvrage “Croire aux forces de l’esprit”. Surpris car cette phrase identique a été prononcée avant l’édition du livre de Janssen, mais publiée quelques années après. Mais ce fût somme toute une agréable surprise.

Si je n’étais pas et ne suis toujours pas pro-Mitterrand, si T. Janssen me déçoit avec le partage de selfies en train de méditer devant des pyramides d’Egypte sur les réseaux sociaux (je lui en ai parlé ; il est simplement humain ;-)), je crois que la spiritualité est essentiellement liée à la vie, qu’elle peut se croiser au fil de nombreux ouvrages, auteurs et personnes, même si elles ne sont pas exemplaires, même si le propos n’est pas celui ci.

La spiritualité me fait penser au sacré.

La vie et la nature sont sacrées à mes yeux, malgré ces parts d’ombres qui peuvent nous traverser et nous tirer vers d’autres horizons…
La spiritualité se manifeste dans l’Amour, s’illumine dans l’Art et est souligné par le Beau…
La spiritualité me relie à la notion de “numineux”, dont la paternité est attribuée souvent à tort à Carl Gustav Jung (1). Il est ce saisissement, cet effroi soudain face à la perception d’un “objet existant en dehors de soi (…) où l’âme se tourne d’elle-même vers cet objet…” C’est cette expérience dont parle probablement E. Tolle.
Faute de mots, il était admis pour beaucoup de désigner par “Dieu” cet “objet”.

Mais encore une fois, il me semble que la spiritualité est le lien avec ce sacré qui est en nous, ce mystère que nous projetons en des noms divers et représentations variées souvent colorés d’anthropomorphisme infantile et/ou rassurant (désolé si je choque par ces raccourcis…)

Qu’est-ce qui différencie la matière qui nous constitue de l’être que nous sommes ?

C’est peut-être ce souffle de vie (comme nous le rappelle l’étymologie de “Âme”), cette force intégrative au-delà de notre conscience elle-même. Cette énergie qui se développe au long de la phylogenèse sur notre planète, et de notre propre ontogenèse. Ces éléments me sont “soufflés” par mon expérience autour des Relaxations Dynamiques du 5e au 8e degré, pour rendre à A. Caycedo (2) le fruit de ses recherches sur la conscience, et de mes pratiques initiées depuis mon enfance, renforcées à l’âge adulte…

Nous voyons ainsi que la spiritualité, à mes yeux, dépasse bien sûr le rationnel, le cognitif. Il me semble qu’effectivement certaines expériences de vie l’invitent en nous. Le sentiment de finitude, l’écoute de la vie en nous y contribue. Cette invitation à cette Présence ne nécessite pas d’être un mystique. Du moins il me semble important de rester parmi les vivants 😉
Je crois qu’il reste toutefois important de s’offrir des temps et des lieux pour la contacter. C’est en filigrane ce que propose E. Tolle.

C’est surtout à chacun d’être sceptique mais rester ouvert, d’éprouver, rencontrer et expérimenter, de découvrir et peut-être partager…

Voilà, je pensais n’écrire que quelques lignes, je me suis laissé emporté par le jeu qui s’offrait autour du langage qui nous relie…

Belles découvertes !

(1) Ce terme a été proposé par Rudolf OTTO (1889-1937), l’un des maîtres de la pensée religieuse du XXe siècle. Il est décrit dans son ouvrage “Le sacré”
(2) A. CAYCEDO (1932-2017) est le créateur de la sophrologie. Si j’ai beaucoup apprécié de le rencontrer, de suivre certains de ses cours et d’échanger brièvement, je reste critique quant à certaines de ses positions et propos. Je l’ai évoqué dans le livre “Découvrir la Sophrologie”.

Les 7 choses que font les gens heureux

Les 7 choses que font les gens heureux

© iStock

Il suffirait d’imiter les gens heureux pour le devenir. C’est ce que disent en substance tous les promoteurs du bonheur. En théorie, ces affirmations sont vraies. C’est dans la pratique que les choses se compliquent.

Le bonheur a-t-il encore des secrets ?

L’hypothèse est peu probable tant le thème est abordé continuellement, à travers de nouvelles études ou des livres qui viennent nous expliquer comment l’attraper dans nos filets ou, au contraire, nous prévenir que cette quête a tout de la chasse au dahu.

Mais, dans l’océan des publications, deux sources font toujours référence.

La première est l’étude que deux chercheurs en psychologie, Shigehiro Oishi et Edward Diener, partenaire de recherche du père de la psychologie positive, Martin Seligman, ont menée en 2007 sur le thème de la quête du bonheur. Au total, dix mille personnes ont été interrogées dans quarante-huit pays.

Conclusion : être heureux est l’aspiration prioritaire, très loin devant trouver le sens de la vie, devenir riche ou encore s’assurer le paradis.

La seconde source est une synthèse de toutes les recherches et études traitant de la psychologie positive. Depuis quatre ans, ce recueil des « choses que font les gens heureux » circule partout dans le monde, au point qu’il est devenu une véritable bible apocryphe du bonheur.

Parmi les conseils en forme d’affirmations qu’il contient, nous en avons retenu sept, les fondamentaux, que nous avons choisi de livrer à la réflexion critique du psychanalyste Jean-Michel Hirt.

1. Ils s’entourent de gens heureux

Ce que disent les études.
La joie est contagieuse. Ceux qui sont entourés de gens heureux ont un maximum de chances de devenir heureux à leur tour et de le rester.

Le commentaire de J-M Hirt.
« Il y a quelque chose de l’ordre de l’évidence dans ce constat. Comme si l’on disait que notre humeur est meilleure par une belle journée d’été douce et ensoleillée, quand on est en bonne compagnie. Mais est-ce qu’une sensation plaisante suffit à rendre heureux ? Rien n’est moins sûr. Nous pouvons connaître un sentiment de bien-être, nous sentir heureux, tout en étant avec des personnes qui le sont moins. Ou en nous trouvant nous-mêmes dans une situation compliquée, qui pourtant nous apporte du plaisir parce qu’elle sollicite notre intelligence et mobilise nos ressources. “Se prendre la tête”, c’est-à-dire penser, peut générer beaucoup de satisfactions. Le bonheur des relations ne réside pas dans le calme plat, l’absence de tensions, de conflits ou de complexité. Certains trouvent d’ailleurs leur compte à être entourés de proches qui ne vont pas bien ou qui sont englués dans les problèmes. Les mêmes éprouvent un malaise à fréquenter des gens dits “heureux”. »

Ses propositions.
« Il s’agit pour chacun de se mettre à l’écoute attentive de ce qu’il ressent (émotions, sensations) lorsqu’il est en relation avec les autres. Le corps envoie des signaux qui nous renseignent sur l’effet que produit sur nous tel ou tel lien. Mais, attention, rien ne se joue en bloc, ni en un instant. C’est sur la durée qu’il faut juger. On doit compter avec l’ambivalence des sentiments et des émotions, les nôtres et celles de l’autre, mais aussi avec les circonstances qui colorent la relation. Il est aussi intéressant de nous interroger sur les bénéfices que nous trouvons dans la compagnie de personnes qui ne vont jamais bien, et sur ce que nous rejouons de notre propre histoire avec elles. »

D’Aristote à Freud, tous les grands observateurs de l’âme humaine ont souligné le lien étroit qui nous unit au plaisir. 

2. Ils cultivent la résilience

Ce que disent les études.
Les gens heureux savent rebondir après une épreuve et ne se laissent pas enfermer dans la dépression.

Le commentaire de J-M Hirt.
« La résilience reste un phénomène bien mystérieux. La capacité à se relever est liée à quelque chose de l’enfance, elle réside dans les ressources premières et inconscientes que l’adulte a pu conserver de ces années-là. De fait, “cultiver la résilience” est une expression qui n’a pas tellement de sens. Pour la cultiver, il faudrait en connaître les ingrédients avec précision, ce n’est pas le cas. Nous ne sommes pas seulement animés par des pulsions de vie ; il y a aussi des pulsions de mort qui œuvrent silencieusement en chacun de nous. La résilience se joue entre ces deux régimes pulsionnels. Qui peut les quantifier ? Qui peut prédire de quelle manière se jouera et se terminera ce duel ? Personne. »

Ses propositions.
« Tout d’abord, prendre conscience qu’il y a en nous des forces qui nous tirent vers le bas, et que d’autres sont comme un appel vers l’air, vers la lumière. C’est en encourageant les secondes, en prenant soin d’elles que nous pouvons peut-être nous relever plus facilement d’une épreuve. L’erreur serait de chercher à se relever très vite sans en passer par un questionnement sur ce qui nous a fait tomber. On sait aujourd’hui que la dépression est aussi une période de remaniement psychique, de recherche intérieure, et que ce temps de repli favorise la possibilité de poursuivre sa route autrement. Ce qui est aussi une façon de chercher à être plus heureux. »

3. Ils agissent pour être heureux

Ce que disent les études.
Les gens heureux n’attendent pas le bonheur. Ils sont actifs dans la quête et dans l’expérimentation de tout ce qui peut augmenter leur sentiment de béatitude.

Le commentaire de J-M Hirt.
« On retrouve dans cette formulation le volontarisme conquérant de la culture américaine. Tout dépend de ce que l’on entend par “être actif” dans cette quête : s’agit-il d’appliquer les recettes des best-sellers sur le bonheur ou bien d’ouvrir un espace de questionnement sur soi pour connaître ce qui peut accroître notre sentiment de bien-être ? »

Ses propositions.
« Choisir la seconde option : nous interroger sur la façon dont nous pourrions nous sentir plus heureux. Cela peut passer par l’identification de nos résistances (nos freins intérieurs) et des obstacles extérieurs, puis par une écoute attentive de la façon dont s’exprime notre désir. Dans tous les cas, essayer d’être heureux revient toujours à développer une forme d’attention et de tendresse pour soi qui s’étend ensuite aux autres. »

4. Ils sont dans le don

Ce que disent les études.
Tous les gens heureux utilisent une partie de leur temps à faire du bénévolat, à écouter, à aider les personnes de leur entourage qui en ont besoin.

Le commentaire de J-M Hirt.
« Donner procure une jouissance de soi-même. La gratification narcissique est indéniable. Cela améliore et renforce l’estime de soi, et nourrit aussi nos aspirations idéales. L’altruisme est un progrès de la culture, une conquête qui est liée à la façon dont nous nous traitons nous-mêmes. Pour donner de manière altruiste, et non se servir de l’autre pour combler uniquement nos failles narcissiques, encore faut-il pouvoir s’aimer suffisamment, et cela n’est pas une disposition présente chez tous. C’est toute la limite de l’injonction “Faites le bien pour être heureux”. L’altruisme n’est pas l’opposé de l’égoïsme sain, qui est un préalable en ce qu’il suppose une prise en compte de soi face à l’autre. »

Ses propositions.
« Prendre soin de soi en se mettant à l’écoute de ses besoins, de ses manques et de ses attentes, puis essayer de les satisfaire à sa mesure et de manière personnelle donne la possibilité de pratiquer un altruisme respectueux de l’autre et bénéfique pour soi. Un “donateur” frustré, ou qui a une mauvaise image de soi, pourra difficilement respecter l’altérité de celui à qui il donne et trouver une satisfaction dans le don. L’ouverture aux autres est gratifiante pour les deux parties lorsque l’on s’est d’abord ouvert à soi-même. »

5. Ils voient le bon côté des choses

Ce que disent les études.
L’optimisme est une condition sine qua non du bonheur. Contrairement aux pessimistes, les optimistes pensent qu’après la pluie vient toujours le beau temps. Et ils font confiance à leurs ressources pour faire tourner les choses à leur avantage.

Le commentaire de J-M Hirt.

« Il n’est pas question de nier les bienfaits de l’optimisme. Mais il est important de préciser que cet état d’esprit dépend pour une large part de l’histoire et du vécu de chacun. Des événements difficiles et précoces, une famille anxieuse, peu aimante ou trop silencieuse ne sont a priori pas des éléments qui prédisposent à l’optimisme, même si ces éléments ne condamnent pas au pessimisme. Tout dépend de la façon dont chacun fait avec son histoire et avec ses croyances. Ce qui est certain, c’est que dans ce domaine la volonté est hors jeu, ce qui rend vaine l’injonction à voir le bon côté des choses. »

Ses propositions.
« Seul un travail sur soi peut permettre de changer de disposition intérieure, de réviser ses croyances et de ne plus être prisonnier d’une vision négative de soi, des autres et de la vie. Cela passe par la recherche des événements, des images liées à son enfance qui ont contribué à une vision pessimiste et anxieuse de la vie. Il peut aussi être utile de se remémorer les épreuves surmontées et les succès obtenus. Cela aide à ne pas se sentir démuni face aux difficultés. »

6. Ils savent débrancher

Ce que disent les études.
Les gens heureux s’aménagent des coupures pour ne pas se laisser submerger par le stress ou envahir par les autres.

Le commentaire de J-M Hirt.

« Il est difficile de ne pas être d’accord avec ce constat, mais je ne m’en tiendrais pas au sens évident du terme “débrancher”. Par débrancher, je n’entends pas seulement couper le courant pour éviter le court-circuit, mais plutôt mettre en veille pour en revenir à une forme d’intériorité qui n’est pas seulement de l’ordre de la récupération. Il s’agit alors de débrancher pour se rebrancher sur soi. S’accorder ce temps est une forme de bientraitance envers soi qui nourrit le sentiment de bien-être. »

Ses propositions.
« Ce retour à soi peut se faire de différentes manières. Par la méditation, la rêverie, la pratique d’un art, par l’écoute de ses sensations corporelles, de ses émotions, de ses pensées. L’essentiel n’est pas tant de courir après les vacances ou les divertissements que de se donner régulièrement la possibilité d’habiter pleinement son être, de ne pas vivre trop longtemps hors de soi. »

7. Ils s’ouvrent à la spiritualité

Ce que disent les études.
Prier, méditer, s’adonner à des rituels spirituels sont des pratiques qui ont des effets positifs sur la santé psychique. Les valeurs contenues dans les religions contribuent au sentiment de bonheur.

Le commentaire de J-M Hirt.
« Ne prendre en compte que la dimension matérielle de l’existence ne mène guère au bonheur : l’argent et le confort sont des moyens, non des fins. Mais réduire la spiritualité à des pratiques et des croyances religieuses est un peu simpliste. Celles-ci peuvent être utilisées pour apaiser des angoisses et faire l’économie d’une démarche de libération personnelle que permet l’exploration de sa psyché et de son histoire. Il ne s’agit pas de nier les bienfaits de la prière ou de la méditation, mais plutôt de ne pas les prendre pour des médicaments. Par spiritualité, on peut aussi entendre l’ouverture à la dimension la plus vaste de son esprit, c’est-à-dire à l’être dans toute sa complexité. Cette ouverture se fait par la parole. »

Ses propositions.
« Être à l’écoute de soi puis de l’autre, en étant attentif à la poésie des mots, sans s’attarder sur le sens. Entendre ce qui provient de soi en termes de désir, d’idéal, de singularité, même si c’est dérangeant pour soi. Entendre en souriant, ressentir en nous le spectacle de la nature, une œuvre d’art, une lecture… Cela nous permet de sortir de nos cachots, de passer d’une intelligence fonctionnelle à une intelligence de l’être tout entier. Cet agrandissement de soi est constitutif du bonheur d’être. »

Par Flavia Mazelin Salvi, pour Psychologie Magazine.

Hypersensibilité : une forme de génie (Fabrice Midal)

Vous vous êtes toujours senti différent ? Gêné dans les fêtes où l’on devrait s’amuser, mal à l’aise en réunion de boulot, avec une pensée qui part dans tous les sens ? Trop émotif, trop curieux, trop empathique, trop affectif ? Incapable de jouer le jeu social bien longtemps, écorché vif, jusqu’à vous sentir souvent un ovni ? Fabrice Midal aussi.

Philosophe et fondateur de « L’Ecole de Méditation », l’auteur de « Foutez-vous la paix » publie « Suis-je hypersensible ? Enquête sur un pouvoir méconnu » (éd.Flammarion/versilio), un livre aussi bienveillant que pragmatique qui pourrait radicalement vous changer la vie (et celle de vos proches). Voici pourquoi en quatre points.

1-PARCE QUE FABRICE MIDAL PART DE SA PROPRE EXPÉRIENCE

« Je rêvais d’être calme, j’étais dans l’hyper, dans l’excès, dans le trop », confesse d’emblée celui qui « ne savait pas quoi faire avec l’intensité qui le traversait. » Il a passé son enfance à sur-réagir à tout, au volume de la télévision comme au froid et au chaud, à la foule comme aux blagues… La vie de cet hyper-émotif était « une succession de montagnes russes ». Des hauts très hauts, des bas très bas. Parfois c’était insupportable (il se trouvait inadapté, idiot, parano), parfois c’était exaltant (tant il vibrait avec le monde). Longtemps il a multiplié les efforts pour se couler dans le moule, essayer de prendre plus de distance, mettre sa sensibilité en sourdine… Jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il était hypersensible. Mettre un nom sur ce qu’il appelle désormais « une chance, un cadeau de la vie » a été une révolution intime, qu’il entend partager ici avec la grande famille des hypersensibles, mais aussi des proches qui ne comprennent pas toujours certaines réactions ou manière de vivre.

2-PARCE QU’ON COMPREND AVEC LUI CE QU’IL SE PASSE POUR NOUS

Le philosophe nous propose une véritable enquête, à la rencontre de spécialistes et d’hypersensibles, de pédagogues et d’enseignants, de scientifiques. À force de consulter des études, de relire des philosophes et des écrivains, il a compris qu’il y a sans doute autant de formes d’hyper-sensibilité que d’individus hypersensibles. Et puis il nous éclaire sur le fondement physiologique de cette différence : dans le cerveau de Fabrice Midal comme dans celui de tout hypersensible, « tout se passe comme s’il n’y avait pas de séparation entre l’hémisphère gauche de la raison et l’hémisphère droit de l’émotion ». Les informations reçues arrivent sans filtre. Les signaux sensuels (bruits, odeurs, froid, chaud) se mêlent aux signaux émotionnels et aux signaux plus cérébraux. D’où parfois la sensation d’être noyé sous un brouhaha et, pour s’en remettre, le besoin de solitude ou de silence.

3-PARCE QU’IL MONTRE COMMENT CETTE HYPERSENSIBILITÉ EST UN DON

Lui-même a mis du temps à s’en convaincre. Comment cette malédiction contre laquelle il a tant lutté pouvait-elle être un vrai cadeau de la vie ? Avec moults exemples, Fabrice Midal nous montre comment les hypersensibles ont une intelligence très singulière, pas toujours parfaitement logique selon les critères cartésiens, mais surtout remarquablement intuitive, parfois jusqu’à la fulgurance. On comprend aussi que c’est aussi une aide formidable pour faire face à la complexité de l’époque actuelle : « L’hypersensibilité se manifeste par une très profonde humanité qui est la meilleure manière d’assumer les contradictions de l’existence ». Plus que les autres, qui filtrent les informations de l’extérieur sous le prisme de la raison, les hypersensibles, dont les antennes sont complétement déployées, se révèlent beaucoup plus intensément en rapport au réel. Au fil de ses exemples, il nous rappelle que c’est le don des artistes, des poètes, et de tous ceux qui ont des connections avec un monde plus vaste. C’est aussi le signe d’une délicatesse, d’une grande attention aux autres, bref, une forme de génie.

4-PARCE QU’IL NOUS DÉVOILE AUSSI LES CLÉS POUR L’APPRIVOISER

Il le faut parce que sinon, tous les hypersensibles le savent, ils courent à la catastrophe ! La vie peut devenir invivable. Le danger ? S’épuiser dans le rejet vain de sa sensibilité, de se créer un faux self, une carapace pour essayer de correspondre enfin à ce que l’on croit que les autres attendent de nous… Et d’exploser en vol sous ce carcan inhumain dans lequel on se sera nous-même enfermés. La première étape, nous apprend le philosophe, est d’accepter pleinement cette singularité sans chercher en vain à l’étouffer. La seconde, est de chercher à comprendre son propre mode d’emploi pour pouvoir l’intégrer dans sa vie. Il s’agit, prévient-il « d’un travail d’accueil profond et exigeant. » Lui par exemple ? « J’ai appris à établir la distinction entre ce que je ressens et la manière dont il convient d’agir à partir de ce que j’ai la chance de ressentir. J’ai établi un équilibre entre mes « antennes » surdéveloppées et mes « filtres » atrophiés. » Au fil de son enquête profondément éclairante, il nous livre quelques antidotes précieux, comme le passage à l’action, et explique en quoi le recours au silence, à la nature et à la beauté sous toutes ses formes sont des baumes puissants pour tout les écorchés. Où l’on comprend qu’un hypersensible est avant tout un hyper-vivant, qui ne se contente pas de peu mais aspire sans fin « au Whaou !, au sublime, au vrai , au juste. »

Par Dorothée Werner, Dorothée Werner
https://www.elle.fr/Love-Sexe/News/Hypersensibilite-Fabrice-Midal-nous-explique-pourquoi-c-est-une-forme-de-genie-3897978

Bientôt des bactéries pour lutter contre la dépression ?

Bientôt des bactéries pour lutter contre la dépression ?

Des chercheurs viennent de montrer chez la souris que l’absence d’un certain type de bactéries dans les intestins était associée à l’état dépressif.

Ca fait une quinzaine d’années maintenant qu’on sait que l’intestin et le cerveau ont des connexions très étroites ! C’est un domaine d’étude évidemment passionnant pour les chercheurs de l’Institut Pasteur, de l’Inserm, et du CNRS qui avaient déjà publié au mois de mars une étude sur le lien entre la dépression et le déséquilibre du microbiote. Ils avaient montré qu’un microbiote appauvri peut conduire à un déficit de fabrication de la sérotonine, qui conditionne notre joie de vivre.

Il s’agit des lactobaccilus ; et quand on en manque, on ne fabrique plus assez d’endocannabinoïdes qui régulent notre humeur et notre bien-être.
Une souris à qui on transfère un microbiote appauvri de ces bactéries devient dépressive : elle perd le goût de manger, de jouer, de survivre…
Elle se noie si on la met dans l’eau, quand celle qui est en forme se met à nager par exemple.

Bonne nouvelle, si on redonne les bonnes bactéries à la souris, elle retrouve son entrain.

Ce qui ouvre évidemment une piste incroyable en terme de traitement de la dépression !


Source : Entretien avec Pierre-Marie Lledo, responsable de l’unité Perception et mémoire à l’Institut Pasteur et co-auteur de l’étude, par Véronique Julia,  journaliste pour France Inter.

Etude : Chevalier, G., Siopi, E., Guenin-Macé, L. et al. Effect of gut microbiota on depressive-like behaviors in mice is mediated by the endocannabinoid system. Nat Commun 11,6363 (2020). https://doi.org/10.1038/s41467-020-19931-2

Marche Afghane

«La marche afghane est une technique de marche basée sur le principe de la coordination de la respiration au rythme des pas.

Elle est née dans les années 1980 à partir des observations effectuées par le français Édouard G. Stiegler, auprès des caravaniers afghans, capables d’effectuer des marches de plus de 60 km par jour pendant des dizaines de jours.

Elle s’appuie sur le principe de synchronisation de la respiration avec les pas effectués tout en tenant compte de la déclivité du terrain : plus le terrain est pentu, plus les pas seront réduits.

Le rythme par contre, reste fonction de chacun. Il faut essayer pour trouver son propre rythme.

Le principe est donc l’harmonie, le système de balancier : on doit avoir le même nombre de pas à l’expiration et à l’inspiration, et chaque apnée doit être équivalente à la précédente.

Par exemple, on aura :

– 3 pas pendant l’inspiration,

– 1 pas les poumons pleins,

– 3 pas pendant l’expiration,

– 1 pas les poumons vides ;

et on reprend. En montée, la technique est un peu différente : on compte autant de pas à l’inspiration qu’à l’expiration et on adapte le rythme en fonction de la difficulté. Plus la pente est raide, plus le rythme est court : on inspire et on expire sur 4 pas ou 3 puis 2 au fur et à mesure que la pente s’accentue ; sans retenir sa respiration».(1)

Excellent exercice, la marche rapide est recommandée pour maintenir une bonne santé physique et psychique.

La marche afghane permet, du fait d’être attentif au pas et à la respiration, d’être davantage centré sur l’expérience présente et contribue à apaiser les troubles anxieux.

Illustration de Laelia Gautier​​
https://www.instagram.com/les_petits_bonhommes/

(1) Texte extrait de https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Marche_afghane

Se connecter

Se connecter à soi pour mieux se connecter aux autres

La méditation formelle et informelle, le fait de développer des compétences de pleine attention (mindfulness), est une discipline quotidienne pour moi.

Elle contribue à être plus juste avec moi-même, avec mes proches et les personnes que j’accompagne.

La méditation, c’est prendre soin de soi et des autres, c’est un acte de partage.

Le pouvoir du sourire

Le sourire constitue l’une des premières marques du lien social, dès notre naissance. Acte réflexe, marque de personnalité, compétence relationnelle, sont autant de dimensions qui donnent au sourire son caractère central dans notre développement individuel autant que dans nos rôles sociaux.

Sourire

Le sourire est un outil d’influence sur soi-même (mon cerveau perçoit quand je souris) et sur les autres. Le sourire est contagieux. Associé à la compétence, il accroît la crédibilité ; appuyé sur de la bienveillance, il crée de l’engagement, voire de la coopération et de l’entraide.

Le sourire est une des plus belles monnaies d’échange de l’humanité : avec un sourire on peut obtenir de l’aide, de la considération, une opportunité, déclencher une demande ou favoriser une rencontre.

Sourire, en particulier face aux difficultés, c’est se préparer et préparer les autres à agir, c’est affirmer sa confiance a priori dans les forces de chacun et dans la capacité de tous à recréer les conditions du sourire collectif. C’est faire acte d’espoir. C’est faire acte de confiance. C’est faire acte d’optimisme.

Philippe Gabilliet

Epuisement professionnel ou burnout

Quand l’investissement professionnel devient trop lourd à porter

Le burnout ou l’épuisement professionnel, initialement identifié parmi les personnels soignant et aidant, peut concerner toutes les professions qui demandent un engagement personnel intense. Les mesures de prévention doivent empêcher une aggravation de la santé des personnes déjà menacées d’épuisement et, parallèlement, prévenir l’apparition d’autres cas.

Fatigue

Le syndrome d’épuisement professionnel, ou burnout, est un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique dans lesquelles la dimension de l’engagement est prédominante. Il se caractérise par 3 dimensions :

  • l’épuisement émotionnel : sentiment d’être vidé de ses ressources émotionnelles,
  • la dépersonnalisation ou le cynisme : insensibilité au monde environnant, déshumanisation de la relation à l’autre (les usagers, clients ou patients deviennent des objets), vision négative des autres et du travail,
  • le sentiment de non-accomplissement personnel au travail : sentiment de ne pas parvenir à répondre correctement aux attentes de l’entourage, dépréciation de ses résultats, sentiment de gâchis…

De nombreuses professions demandent un investissement personnel et affectif important. Les salariés exerçant ces métiers peuvent être concernés par le risque de burnout quand ils en arrivent à ressentir un écart trop important entre leurs attentes, la représentation qu’ils ont de leur métier (portée par des valeurs et des règles) et la réalité du travail. Cette situation, qui les épuise et les vide « émotionnellement », les conduit à remettre en cause leur investissement initial.

Exemples d’exposition aux risques

L’exposition au risque de burnout peut concerner les professions d’aide, de soins, de l’enseignement… des professions où la relation à l’autre est au centre de l’activité et constitue un enjeu, parfois vital, pour les bénéficiaires de cette relation (les usagers, les patients, les clients, …). Toutefois le burnout peut également concerner d’autres secteurs d’activité susceptibles de mobiliser et d’engager les personnes sur des valeurs professionnelles très prégnantes.

Cas d’une infirmière hospitalière

« Ma profession d’infirmière, je l’ai choisie, je l’ai voulue… Mais aujourd’hui, j’ai l’impression d’être vidée. Je dois aller d’un lit à l’autre. J’ai l’impression de n’avoir jamais le temps de faire correctement mon travail. Je supporte de moins en moins les plaintes, les angoisses des patients. Je me dis qu’être infirmière n’est pas aussi valorisant, gratifiant que cela… »

Cette infirmière ne sait plus où elle en est. Elle doute d’elle-même : pourquoi, elle, autrefois si investie dans son travail, ne croit-elle plus en son métier ? Les contraintes particulières de son métier de soin et d’aide, non compensées par « autre chose » ont eu raison de son investissement initial. Le stress de la profession devient trop lourd à porter, et elle développe un syndrome du burnout.

Facteurs de risque

L’épuisement professionnel étant une conséquence du stress au travail, on retrouve parmi les causes du burnout des facteurs de stress. Différentes études ont spécifiquement permis de souligner le rôle des facteurs suivants :

  • Surcharge de travail, pression temporelle,
  • Faible contrôle sur son travail,
  • Faibles récompenses,
  • Manque d’équité,
  • Conflits de valeur, demandes contradictoires,
  • Manque de clarté dans les objectifs, les moyens.

L’effet de ces facteurs de risque peut se combiner, pour certaines professions de relations d’aide (infirmières, médecins, travailleurs sociaux, enseignants,…), à la charge émotionnelle inhérente à ces professions.

Accidents et effets sur la santé

Les manifestations de l’épuisement professionnel, plus ou moins aigues, peuvent être d’ordre :

  • émotionnel (sentiment de vide, d’impuissance, perte de confiance en soi, irritabilité, pessimisme, attitude « bureaucratique »…),
  • cognitif (difficulté de concentration, indécision, difficultés à faire des opérations simples, altération de la qualité du travail…),
  • physique (fatigue généralisée, maux de tête, de dos, tensions musculaires, troubles du sommeil,…)
  • interpersonnel et comportemental (repli, isolement, agressivité, impulsivité, baisse de l’empathie, conduites addictives…)
  • motivationnel et attitudinal (attitude négative envers le travail et les autres, désengagement,…)

La symptomatologie du burnout est de fait assez complexe, peu spécifique et peut évoluer vers la dépression ou l’anxiété.

Prévention

Pour prévenir l’apparition du phénomène d’épuisement professionnel, il est recommandé de veiller à ce que l’organisation du travail et les contraintes qu’elle génère ne surchargent pas les salariés et ne les mettent pas en porte-à-faux vis-à-vis des règles et des valeurs de leur métier. Il convient également de permettre le travail en équipe ou encore de favoriser le soutien social. Et de manière plus générale, il est recommandé de mettre en place une démarche de prévention collective des RPS (voir dossier Risques psychosociaux).

Repérer les situations de burnout

Au niveau individuel, l’employeur, l’encadrement, les acteurs de la prévention au sein de l’entreprise, le service de santé au travail doivent être vigilants à un ensemble de signaux pouvant laisser penser qu’un salarié est peut-être en situation de burnout :

  • Le salarié se plaint-il de manquer d’énergie pour accomplir son travail ?
  • Fait-il part de problèmes de concentration, de manque de disponibilité mentale au travail ?
  • Est-il facilement irritable ?
  • Dévalorise-t-il le travail qu’il accomplit, sa propre efficacité et ses compétences ?
  • Manifeste-t-il des signes de désinvestissement professionnel ?

Un changement dans l’attitude du salarié, un repli sur soi, un désengagement inhabituel sont autant de signaux qui doivent interpeller l’entourage professionnel.

Au niveau collectif, les indicateurs de dépistage des risques psychosociaux pourront être examinés.
Le repérage du burnout peut également se faire par questionnaires.

Mettre en place des mesures de prévention collective

Des mesures de prévention adaptées doivent être recherchées et mises en place. Elles ont pour objectif de faire diminuer les exigences professionnelles qui pèsent sur les salariés et d’augmenter les ressources à leur disposition.

Exemples de mesures de prévention collective de l’épuisement professionnel :

  • Veiller à ne pas surcharger certains postes ou certains salariés,
  • Favoriser le soutien social et éviter l’isolement : mise en place de groupes d’échanges sur les pratiques professionnelles, renforcement du travail en équipe (temps de travail réservé aux relèves de postes, espaces de partage d’expérience et d’échanges),
  • Améliorer le retour sur l’efficacité du travail, la reconnaissance du travail accompli,
  • Etre vigilant au traitement équitable des salariés,
  • Eviter les conflits éthiques autour de la qualité du travail, en partageant les objectifs et les manières de faire pour les atteindre.

Prendre en charge les personnes atteintes du burnout

Quand une ou plusieurs personnes sont victimes d’épuisement, l’encadrement peut leur proposer un entretien permettant de faire le point sur leurs difficultés. Les raisons de leur état en lien avec le travail doivent être recherchées. Elles peuvent parallèlement contacter le médecin du travail. Celui-ci estimera la nécessité d’une orientation vers une prise en charge spécialisée et appréciera l’opportunité d’un aménagement de poste ou d’une redéfinition des objectifs et des moyens à leur disposition. Le service de santé au travail peut également aider l’entreprise à repérer les facteurs de risques professionnels en lien avec les cas de burnout portés à sa connaissance.

Source et ressources : https://www.inrs.fr/risques/epuisement-burnout/ce-qu-il-faut-retenir.html