Bientôt des bactéries pour lutter contre la dépression ?

Bientôt des bactéries pour lutter contre la dépression ?

Des chercheurs viennent de montrer chez la souris que l’absence d’un certain type de bactéries dans les intestins était associée à l’état dépressif.

Ca fait une quinzaine d’années maintenant qu’on sait que l’intestin et le cerveau ont des connexions très étroites ! C’est un domaine d’étude évidemment passionnant pour les chercheurs de l’Institut Pasteur, de l’Inserm, et du CNRS qui avaient déjà publié au mois de mars une étude sur le lien entre la dépression et le déséquilibre du microbiote. Ils avaient montré qu’un microbiote appauvri peut conduire à un déficit de fabrication de la sérotonine, qui conditionne notre joie de vivre.

Il s’agit des lactobaccilus ; et quand on en manque, on ne fabrique plus assez d’endocannabinoïdes qui régulent notre humeur et notre bien-être.
Une souris à qui on transfère un microbiote appauvri de ces bactéries devient dépressive : elle perd le goût de manger, de jouer, de survivre…
Elle se noie si on la met dans l’eau, quand celle qui est en forme se met à nager par exemple.

Bonne nouvelle, si on redonne les bonnes bactéries à la souris, elle retrouve son entrain.

Ce qui ouvre évidemment une piste incroyable en terme de traitement de la dépression !


Source : Entretien avec Pierre-Marie Lledo, responsable de l’unité Perception et mémoire à l’Institut Pasteur et co-auteur de l’étude, par Véronique Julia,  journaliste pour France Inter.

Etude : Chevalier, G., Siopi, E., Guenin-Macé, L. et al. Effect of gut microbiota on depressive-like behaviors in mice is mediated by the endocannabinoid system. Nat Commun 11,6363 (2020). https://doi.org/10.1038/s41467-020-19931-2

Le burn out parental

Le burn-out parental par Géraldine Maigret , psychologue spécialisée en neuropsychologie

source : NewsLetter de la psychométrie #22, du 6 novembre 2020

Un petit rappel historique s’impose pour mieux appréhender la situation actuelle des parents au XXIème siècle.

Des changements concernant la place de l’enfant au sein de la famille ainsi que des évolutions de la structure familiale et des rôles parentaux ont commencé à apparaitre à la fin des années 60. Cette période coïncide avec l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies, en 1959, de la Déclaration des Droits de l’Enfant où sont exposés 10 grands principes. Bien qu’à cette date il ne s’agisse que d’une déclaration de principe, d’ordre moral et non contraignante pour les états, elle est le signe d’une véritable reconnaissance des droits de l’enfant.

L’avènement de l’autorité parentale conjointe, en 1970, est une autre date marquante dans la nouvelle structuration de la famille. Jusqu’alors, cette autorité était exercée uniquement par le père.

Il faudra attendre les bouleversements de Mai 68 et la prise de parole des psychanalystes et des pédagogues pour voir le paysage social et familial évoluer davantage. Cette époque sera marquée par un profond remaniement des valeurs traditionnelles, avec une place nouvelle accordées aux femmes dans la société (accès à la contraception efficace, loi Veil janvier 1975, loi sur le divorce en 1975…).
Tous ces bouleversements de la société ainsi que l’amélioration des conditions de vie vont contribuer à réduire le nombre d’enfants au sein de la famille. « Avoir un enfant » devient un choix lucide et réfléchi pour le plus grand nombre, un bien précieux tant au niveau familial qu’au niveau social.

Mais les dernières décennies ont mis à mal les parents, notamment par le biais de la multiplication des réseaux sociaux qui publient massivement des images de « parents idéaux, admirables et accomplis » et qui prônent des climats de bienveillance et de pédagogie positive. Comme mentionné par Moïra Mikolajczak, professeure de psychologie à l’Université de Louvain-la-Neuve :”il faut arrêter de poster des photos parfaites car elles peuvent créer des situations de stress pour les autres parents”.

En lien avec la situation extraordinaire de confinement que nous venons de vivre, la notion de burn-out parental et les études scientifiques qui y sont liées ont inondé les médias et les réseaux sociaux. Et tant mieux !

La reconnaissance de l’existence de ce trouble, touchant de plus en plus de parents, est principalement due aux travaux de recherche colossaux réalisés par Isabelle Roskam et collaborateurs de l’Université de Louvain-la-Neuve. Selon les chiffres des chercheuses, la prévalence du burn-out parental serait de 5% et les personnes présentant un risque élevé de développer des symptômes caractéristiques du burn-out parental représenteraient 8% de la population générale.

Qu’est-ce que le burn-out parental ?

Il s’agit tout d’abord d’un trouble appartenant à la catégorie des pathologies liées au stress.

La présence d’un stress chronique va progressivement déséquilibrer la balance entre les « stresseurs » (facteurs de risque) que rencontrent les parents et les « ressources » (facteurs de protection) sur lesquelles ils peuvent s’appuyer. Dans la majorité des cas, le stress des parents est compensé par des moments agréables et positifs de parentalité.

Méthode Balance  Risques/Ressources appliquée à la parentalité.

Mikolajczak, M., & Roskam, I. (2018). A Theoretical and Clinical Framework for Parental Burnout: The Balance Between Risks and Resources (BR2). Frontiers in Psychology, 9. doi: 10.3389/fpsyg.2018.00886 

Les symptômes primaires et les outils

Le Parental Burnout Assessment (PBA) comporte 23 items organisés en 4 dimensions (Roskam, Brianda, & Mikolajczak, 2018), représentant les 4 symptômes cardinaux  du burn-out parental :

1.    L’épuisement émotionnel en lien avec la parentalité.
2.    La distanciation émotionnelle du parent envers son/ses enfant(s).
3.    La saturation et la perte de plaisir liées au rôle de parent.
4.    Le contraste entre le « parent d’avant » et « le parent d’aujourd’hui ».

Le diagnostic différentiel est essentiel pour accompagner au mieux les parents, afin de distinguer le burn-out parental d’un burn-out professionnel, d’une dépression et du trouble anxieux généralisé.

Quelques grandes étapes de la prise en charge :

Reconnaître la souffrance et la nommer constitue déjà une avancée significative pour ces parents qui, la plupart du temps, ne partagent pas leur expérience douloureuse avec leurs pairs par crainte d’être jugés.

Le professionnel travaille dans un premier temps sur l’identification des risques principaux (agents stresseurs) rencontrés par le patient et des ressources dont il dispose. Pour mener cette exploration, il peut s’appuyer sur le modèle BR2 © (modèle de la balance des risques et des ressources), à partir d’un questionnaire spécifique.

Il accompagne les parents (individuellement ou en couple) afin qu’ils puissent identifier de manière constructive les sources de stress dans leur environnement et les aide à mettre en place des stratégies visant à les diminuer et/ou à mieux les gérer.
Les ressources disponibles sont, quant à elles, valorisées et le professionnel aide les parents à les déployer et les enrichir, en tenant compte de leurs besoins spécifiques et de leurs capacités, l’objectif étant de rééquilibrer la balance Ressources / Stresseurs pour les amener à éprouver à nouveau du plaisir dans leur parentalité.

“Chaque burnout parental a son histoire. Il n’existe pas de profil type du parent en burn-out. L’épuisement guette tout parent qui accumulerait un trop grand nombre de risques sans compenser par des ressources.”

Isabelle Roskam, Moïra Mikolajczak, Le burn-out parental, 2018, De Boeck supérieur (Carrefour des psychothérapies).

Une posture pour plus de confiance

Article Sophrologie Pratiques et Perspectives n°22
Article Sophrologie Pratiques et Perspectives n°22 – janvier, février, mars 2019

UNE POSTURE POUR PLUS DE CONFIANCE

“Nous terminons comme toujours en respirant profondément plusieurs fois, en activant la confiance, l’harmonie et l’espoir (…)”.

C’est avec ce rituel de fin de séance d’environ huit secondes, dans une posture relâchée, que le fondateur de la sophrologie demandait de terminer les pratiques.

Cela ne peut-il pas être développé ? Je vous propose de le découvrir dans ces quelques lignes.

INFLUENCE MUTUELLE DU CORPS & DE L’ESPRIT

Le fait que l’esprit influence le corps est largement admis. Il suffit d’évoquer pour cela l’effet placebo.

La sophrologie souligne l’importance fondamentale du corps : il est, pour cet art, le pilier de l’entraînement, la base de toutes nos expériences. Avec l’esprit, c’est l’un des pôles de la conscience.

Mais comment confirmer que le corps influence l’esprit ?

Nous savons que l’activité physique diminue le cortisol (hormone du stress), augmente le taux de dopamine, d’endorphines et de sérotonine, ce qui impacte notre humeur.

En 1988, Strack, Martin & Stepper donnent des indices sur l’effet de notre attitude, en prouvant que l’on trouve un dessin animé plus drôle par le simple fait de tenir un crayon entre les dents – ce qui fait appel aux muscles du sourire – que lorsque nous le tenons du bout des lèvres.

POSTURE DE PUISSANCE POUR PLUS DE CONFIANCE

Les conclusions d’Amy Cuddy 1 illustrent encore mieux notre question introductive.

Cette psychologue rappelle des études montrant que nos comportements non verbaux (expression du visage, posture, gestes) influencent fortement ce que les autres pensent ou ressentent à notre égard.

Sa découverte plus récente démontre que nos comportements influencent ce que nous pensons et ressentons de nous-mêmes.  

Incarner une « posture de puissance », en simulant la confiance en soi durant deux minutes, suffit pour ensuite se sentir plus sûr, prendre plus de risques (86 % des sujets parient contre 60 % lors d’une attitude de soumission), augmenter de 20 % le taux de testostérone ou « hormone de puissance » (contre une baisse de 10 %) ; diminuer celui du cortisol de 25 % (au lieu de l’augmenter de 15 % dans une attitude contraire).

Ainsi, depuis 2006, je propose de dynamiser lors des fins de pratiques, la confiance en soi2 dans une posture congruente et d’amplifier cette capacité pendant au moins 20 secondes.

Une posture inspirée du 3e degré peut être utilisée, menton relevé, les mains posées en haut des cuisses ou sur les hanches.

Je vous encourage à l’expérimenter puis partager cette variante !

Pascal GAUTIER, psychologue, sophrologue, www.gautierpascal.fr


1Voir, pour plus de détails, la vidéo TED qu’elle a réalisée ou son livre Montrez-leur qui vous êtes (2016).

2Seulement cette capacité lors des 1ères séances.