Parole d’experts – RCF Bretagne : Le métier de psychologue expliqué par Pascal GAUTIER

Dans le cadre de l’émission « Parole d’experts » sur RCF Bretagne, présentée par Christine Lefeuvre, j’ai eu le plaisir d’intervenir pour échanger autour de la pratique de la psychologie et répondre aux interrogations fréquentes du public.

Ce que vous découvrirez dans cet entretien

Chaque semaine, l’émission Parole d’experts donne la parole à des professionnels de conviction. Cet épisode est consacré au soin psychique, aux motifs de consultation et au déroulement d’un suivi thérapeutique.

1. Pourquoi et quand consulter un psychologue ?

Anxiété, gestion des émotions, traversée d’une période de transition ou besoin de clarification : les motifs de consultation sont variés. L’entretien aborde les indicateurs qui peuvent amener à pousser la porte d’un cabinet ou à opter pour une téléconsultation. Pour en savoir plus sur ces motifs, vous pouvez également consulter la page Pourquoi consulter ?.

2. Quelles thérapies et quelles modalités de prise en charge ?

L’échange met en lumière les démarches d’accompagnement actuelles, notamment les Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC) et la Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT). Nous y évoquons le cadre des séances, la relation de confiance avec le thérapeute ainsi que l’adaptation du suivi aux besoins individuels.

À propos de l’intervenant

Pascal Gautier est psychologue et formé à la sophrologie. Il consulte au cabinet situé à La Vicomté-sur-Rance (près de Dinan, Côtes-d’Armor) et propose également des suivis à distance.Vous souhaitez planifier un entretien ou obtenir plus de détails sur le cadre des consultations ? Rendez-vous sur la page Réservation et contact.

🎧 Écouter l’émission directement sur le site de RCF

🎙️ À écouter également :
Retrouvez aussi mon échange de 1h45 avec Antoine Lacouturière dans le podcast Toucher du doigt la santé : Dialogue autour de la santé intégrative et exercice guidé .

L’auto-compassion préférable à la quête de l’estime de soi

Ilios Kotsou auto-compassion et estime de soi

Dans son ouvrage (souvent associé ou intégré à ses réflexions sur la lucidité et la sérénité), Ilios Kotsou s’appuie sur les travaux de chercheurs comme Kristin Neff pour démontrer que l’auto-compassion est un levier de bien-être bien plus stable et sain que l’estime de soi.

Voici la synthèse de ses propos sur cette distinction fondamentale :

1. Les limites de l’estime de soi

Kotsou souligne que l’estime de soi repose souvent sur une évaluation et une comparaison (Kotsou, 2014). Pour s’estimer, on cherche à être « au-dessus de la moyenne », ce qui crée plusieurs problèmes :

  • Instabilité : Elle fluctue en fonction des succès et des échecs.
  • Narcissisme : La quête d’une haute estime de soi peut mener à un ego boursouflé et au besoin de se sentir supérieur aux autres.
  • Évitement : Elle pousse à nier ou masquer ses faiblesses pour protéger son image de soi.

2. La force de l’auto-compassion

Contrairement à l’estime de soi, l’auto-compassion ne dépend pas d’un jugement de valeur. Elle consiste à se traiter avec la même bienveillance que l’on offrirait à un ami cher. Selon Kotsou, elle repose sur trois piliers (Neff, 2003 ; Kotsou, 2014) :

  • La bienveillance envers soi : Être doux plutôt que critique envers soi-même face à l’échec.
  • L’humanité commune : Reconnaître que la souffrance et l’imperfection font partie de l’expérience humaine partagée, ce qui réduit l’isolement.
  • La pleine conscience : Observer ses émotions douloureuses sans les ignorer, ni les amplifier par la rumination.

3. Pourquoi privilégier l’auto-compassion ?

  • Résilience accrue : Les études montrent que les personnes pratiquant l’auto-compassion se remettent plus vite des échecs car elles ne perdent pas d’énergie à s’auto-flageller.
  • Motivation réelle : Contrairement à l’idée reçue, être compatissant envers soi n’est pas de la complaisance. Cela favorise au contraire la volonté de s’améliorer, car le changement n’est plus dicté par la peur du jugement, mais par le soin de soi (Kotsou, 2014).
  • Stabilité émotionnelle : C’est un « système de sécurité » interne qui reste disponible même quand les choses vont mal, contrairement à l’estime de soi qui nous abandonne dès que nous échouons.

Apprivoiser les émotions avec Ilios Kotsou : Cette vidéo permet de mieux comprendre comment la bienveillance envers nos émotions difficiles est un pilier central de la sérénité telle qu’Ilios Kotsou l’enseigne.  

Vœux 2026 : et si cette année, nous cultivions ce qui compte vraiment ?

Flexibilité & Valeurs Meilleurs voeux 2026 Agir selon ce qui compte

Chers lecteurs, chères lectrices,

En ce début de nouvelle année, l’air est souvent empli de résolutions, de grandes aspirations et de la douce promesse d’un renouveau.

Et si, pour 2026, nous allions au-delà des objectifs habituels pour cultiver quelque chose de plus profond et durable : la flexibilité psychologique ?

Le piège des « bonnes » résolutions

Nous l’avons tous expérimenté : la pression de devoir être « parfait », d’atteindre des idéaux qui, parfois, ne sont pas alignés avec nos valeurs profondes. Combien de résolutions de début d’année finissent par s’éteindre, nous laissant avec un sentiment d’échec ?

L’Approche par l’Acceptation et l’Engagement (ACT) nous invite à regarder les choses autrement. Plutôt que de lutter contre nos pensées ou émotions difficiles, elle nous propose de les accueillir, de les observer avec curiosité, et de choisir nos actions en fonction de ce qui donne réellement sens à notre vie.

2026 : Une année pour agir selon vos valeurs

Pour cette nouvelle année, je ne nous souhaite pas l’absence de défis – car ils font partie de l’expérience humaine. Souhaitons-nous plutôt la capacité d’accueillir ces défis avec souplesse, sans nous laisser emporter par les orages intérieurs.

Je vous souhaite d’identifier clairement ce qui compte le plus pour vous :
est-ce la connexion avec vos proches ?
L’épanouissement professionnel ? La créativité ? L’altruisme ?
Une fois ces valeurs éclaircies,
l’ACT nous aide à poser des actions concrètes, même petites, qui nourrissent ces piliers essentiels.

  • Faire de la place : Apprenez à observer vos pensées et émotions, agréables ou non, sans jugement. Elles sont comme des nuages qui passent dans le ciel.

  • Choisir sa direction : Clarifiez ce qui est vraiment important pour vous, au fond de vous.

  • Agir avec intention : Posez des gestes, même modestes, qui vous rapprochent de la personne que vous souhaitez être, et de la vie que vous souhaitez construire.

Une invitation à la flexibilité

Que 2026 soit une année d’exploration, d’apprentissage et d’engagement. Une année où, plutôt que de poursuivre un bonheur éphémère, vous construisez une vie riche et pleine de sens, petit pas après petit pas !

 

Je suis là pour vous accompagner sur ce chemin, si vous le souhaitez….

 

Fêtes de fin d’année : Et si on s’autorisait l’imperfection ?

Bonjour à toutes et à tous,

Nous y sommes. La dernière ligne droite de l’année. Les lumières scintillent dans les rues de Dinan, les agendas se remplissent, et une musique de fond semble nous répéter que c’est « la période la plus merveilleuse de l’année ».

Pourtant, dans mon cabinet de psychologie, j’entends souvent une autre musique. Celle de la pression. Pression d’être heureux sur commande, pression de réunir des familles parfois compliquées, pression du bilan de l’année écoulée, ou encore le pincement au cœur de la solitude qui résonne plus fort en décembre.

En tant que psychologue spécialisée en Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC) et en Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT), je voulais vous offrir un message un peu différent pour cette fin d’année. Un message qui, je l’espère, vous permettra de respirer un peu mieux.

1. Le droit à l’émotion « mixte » (L’approche ACT)

L’ACT nous enseigne que lutter contre nos émotions est souvent plus douloureux que l’émotion elle-même. Si cette période vous rend à la fois joyeux ET nostalgique, stressé ET excité, triste ET reconnaissant : c’est normal.

Vous n’avez pas à choisir. Vous n’avez pas à « réparer » votre tristesse pour avoir le droit de manger de la bûche. Cette année, essayez d’accueillir tout le spectre de vos ressentis, comme des invités à votre table. Certains sont plus bruyants que d’autres, mais il y a de la place pour tout le monde. C’est cela, la véritable acceptation.

2. Assouplir les « Il faut que… » (L’approche TCC)

La TCC nous invite à examiner nos pensées automatiques. En décembre, elles ressemblent souvent à ça :

  • « Il faut que (le repas soit parfait). »

  • « Je dois absolument (être de bonne humeur pour les enfants). »

  • « Si je suis seul(e) à Noël, c’est que j’ai raté quelque chose. »

Ces pensées rigides sont des pièges. Essayez de les remplacer par des pensées plus flexibles : « J’aimerais que le repas soit bon, mais s’il est juste correct, ce sera bien aussi », ou « Je peux ressentir de la fatigue tout en profitant de ma famille ».

3. Des valeurs plutôt que des résolutions

Bientôt viendra le temps des fameuses « bonnes résolutions », souvent intenables et culpabilisantes dès le 15 janvier.

Plutôt que de vous fixer des objectifs rigides pour l’année prochaine (qui sont souvent des moyens de contrôle), je vous invite à réfléchir à vos valeurs.

Qu’est-ce qui est important, au fond de votre cœur ? Est-ce la connexion aux autres ? La créativité ? Le soin de votre santé ? La nature ?

Au lieu de dire « Je dois perdre 10kg en janvier », une approche basée sur les valeurs dirait : « En 2026, je souhaite honorer mon corps avec bienveillance car ma santé est importante pour moi ». La direction compte plus que la destination.

Mon vœu pour vous

Depuis mon cabinet près de Dinan, je vous souhaite une fin d’année sous le signe de la douceur envers vous-même.

Je vous souhaite de trouver de petits moments de présence, une respiration consciente en regardant les décorations, une marche revigorante le long de la Rance, ou un moment de connexion authentique, même imparfait, avec un proche.

Prenez soin de vous, exactement là où vous êtes.

 

Chaleureusement,

Pascal GAUTIER
Psychologue (ACT & TCC)

Une nouvelle étape pour le cabinet – Pascal GAUTIER


✍️ Préparer l’avenir : Un aménagement de l’activité en douceur

Chers patients, chers lecteurs,

Après de nombreuses années d’exercice passionnant en tant que psychologue en libéral, le moment est venu d’entamer une nouvelle étape. J’ai pris la décision d’aménager progressivement mon activité professionnelle en vue de mon départ à la retraite, afin d’assurer une transition aussi douce que possible, à la fois pour moi et pour les personnes que j’accompagne.

Cette démarche de « pré-retraite » est mûrement réfléchie et s’étalera sur les prochains mois. Elle vise à continuer de vous offrir un accompagnement de qualité tout en respectant un nouveau rythme.


Ce qui change, et quand ?

L’aménagement de l’activité se déroulera en deux phases principales :

1. Date limite pour les nouveaux suivis (Jusqu’au 1er juillet 2027)*

Soucieux de pouvoir accompagner toute personne engagée dans un travail thérapeutique sur une durée cohérente, j’ai fixé une date limite pour l’accueil de nouveaux patients :

  • J’accepterai les nouvelles demandes de premier rendez-vous jusqu’au 1er juillet 2027.
  • Après cette date, l’activité sera exclusivement dédiée aux suivis déjà en cours.
  • Point pratique : Le délai pour obtenir un premier rendez-vous est actuellement de six semaines. Si vous souhaitez entamer un travail avant cette échéance, je vous invite donc à prendre contact sans tarder.

    * Mise à jour le 24/08/2026.

2. Changement de rythme hebdomadaire (mise à jour le 15/9/2026)

À partir du mois d’août 2026, l’organisation du cabinet passe à un rythme d’activité réduit :

  • Après avoir expérimenté de ne travailler qu’une semaine sur deux, je privilégie un réduction hebdomadaire.
  • Cette nouvelle organisation réduira naturellement le nombre de créneaux disponibles. Les plages de rendez-vous seront prioritairement réservées aux suivis déjà engagés afin de garantir la continuité et la régularité de leur travail thérapeutique.

Une continuité assurée

Je tiens à vous assurer de mon engagement total durant cette période de transition. Les suivis en cours ne seront pas impactés par ce changement de rythme avant août 2026, et la priorité sera donnée à la continuité de la thérapie pour les patients actuels.

Je vous remercie pour votre compréhension et la confiance que vous m’accordez depuis toutes ces années.

Pour toute question ou pour prendre rendez-vous, veuillez consulter la section « Contact » du site ou utiliser l’outil de prise de rendez-vous habituel.

Pascal GAUTIER

Psychologue


L’efficacité en combat de rue : au-delà de l’art martial

Il est très fréquent, pour un pratiquant, de croire que son art martial ou son sport de combat est le plus efficace dans une situation de combat de rue.

Cette conviction peut être rassurante et motivante, mais elle repose souvent sur une vision idéalisée de l’art et une sous-estimation des défis imprévisibles du monde réel.

Un combat de rue est radicalement différent d’un entraînement ou d’une compétition.

Il n’y a pas de règles, pas d’arbitre, pas de tapis de sol, et des facteurs comme la surprise, l’environnement (sol dur, obstacles), les armes, et la présence de plusieurs agresseurs peuvent rendre une technique théoriquement efficace complètement inadaptée.

Le biais de confirmation : un raccourci mental puissant

Un biais cognitif est un raccourci mental qui nous pousse à prendre des décisions irrationnelles ou à tirer des conclusions hâtives. Dans ce cas précis, le biais principal est le biais de confirmation.

Le biais de confirmation est la tendance à rechercher, interpréter, et favoriser les informations qui confirment nos propres croyances ou hypothèses. En même temps, nous avons tendance à ignorer ou à minimiser les preuves qui contredisent nos croyances.

Comment cela se manifeste-t-il chez les pratiquants ?

  • Le pratiquant de MMA* va se souvenir des vidéos où les combattants dominent facilement leurs adversaires dans une bagarre de rue, mais oubliera les cas où les techniques de ground-and-pound ne sont pas adaptées.
  • Celui de JJB* se concentrera sur l’efficacité des étranglements et des clés articulaires, ignorant que tenter une amenée au sol sur du béton face à plusieurs adversaires peut être extrêmement dangereux.
  • Le pratiquant de Krav Maga* se focalisera sur les techniques « réalistes » de self-défense, tout en ignorant le fait que ces techniques ne sont parfois pas assez entraînées sous stress pour être utilisées de manière instinctive, voire être désarçonné en recevant un coup violent.
  • Le Boxeur se concentrera sur la puissance et l’efficacité de ses coups de poing, mais minimisera le risque de coups de pied, d’un takedown (mise au sol) ou d’une saisie de la part d’un adversaire.
  • Le Karatéka pensera à la rapidité et à la précision de ses coups, tout en ignorant que la plupart des techniques sont enseignées avec un partenaire coopératif (sans arme) et pas toujours adaptées à une situation où l’adversaire n’est pas fair-play.
  • Etc.

Le cerveau filtre activement les informations pour valider l’investissement en temps et en effort que l’individu a mis dans son art martial.

Autres biais potentiels :

Bien que le biais de confirmation soit le plus pertinent, d’autres biais peuvent entrer en jeu :

L’effet Dunning-Kruger :

Avec ce biais cognitif, les personnes les moins qualifiées dans un domaine surestiment leurs compétences, tandis que les plus qualifiées ont tendance à les sous-estimer. Il est, par ailleurs, très présent sur les réseaux sociaux ainsi que le biais de confirmation.

Chez le débutant, il y a une tendance à surestimer ses propres compétences et à se croire plus efficace qu’il ne l’est réellement, car l’individu n’a pas encore le niveau de connaissance nécessaire pour reconnaître ses propres lacunes.

Le biais endogroupe (in-group bias) :

Une préférence pour les membres de son propre groupe (dans ce cas, les autres pratiquants de son art martial). Cela peut mener à la conviction que son art martial est naturellement supérieur aux autres.

L’efficacité réelle : l’importance du pratiquant

En fin de compte, l’efficacité dans une situation de danger ne dépend pas tant de l’art martial lui-même que de l’individu qui le pratique. Ce qui est probablement le plus important, c’est  :

  • La capacité à rester calme sous une pression extrême.
  • L’entraînement pour désamorcer les situations avant qu’elles ne deviennent physiques.
  • La qualité et pertinence des enseignements reçus.
  • L’entraînement à haute intensité avec des situations et partenaires variés, pour gérer le stress et la fatigue.
  • L’adaptabilité et la créativité pour improviser.

Le « meilleur » art martial est celui qui vous donne, pour ces situations extrêmes, les outils pour survivre et vous aide à développer l’humilité et la conscience de soi.

La meilleure défense dans la rue reste avant tout l’évitement. L’objectif principal est d’éviter toute confrontation physique si possible. Cela peut passer par la fuite, la désescalade verbale, ou l’utilisation de techniques de soumission pour se dégager et s’échapper. L’usage de la force physique doit toujours rester le dernier recours.

L’objectif est de se mettre en sécurité, pas de neutraliser l’agresseur de manière disproportionnée.

Pour aller plus loin sur ce dernier aspect, voir l’article 122-5 du Code Pénal : La Légitime Défense


*JJB : Jiu-Jitsu Brésilien, art martial brésilien se concentrant sur le grappling (lutte) et le combat au sol avec des racines dans le judo et le jiu-jitsu japonais

*MMA : Arts Martiaux Mixtes, sport de combat qui combine des techniques issues de diverses disciplines, incluant la frappe (boxe, kickboxing) et la lutte (JJB, judo, lutte)

*Krav-Maga : système d’autodéfense militaire avec adaptation pour le civil, qui utilise des mouvements instinctifs pour neutraliser rapidement une menace. Son but est de répondre efficacement et simplement à des situations de danger réelles.

Pourquoi ne pas hiérarchiser les émotions

👉 Les 4️⃣ émotions de base : pourquoi il ne faut pas les hiérarchiser ⚖️.

🤔 Plutôt dans la joie 😄 ou dans l’évitement de la tristesse 😥 ?

Pourquoi il ne faut pas « classer » les émotions comme « bonnes » ou « mauvaises » ?

🧠 Les #neurosciences nous montrent que la peur, la colère, la joie et la tristesse ont toutes un rôle fonctionnel, ancré dans notre évolution 📈.

💡 Selon Antonio DAMASIO (1999), chaque émotion déclenche un « marqueur somatique » qui guide nos décisions, même inconsciemment.

Par exemple : la peur 😨 favorise l’évitement, la colère 😠 mobilise pour défendre une intégrité, la tristesse 😥 pousse au repli protecteur, la joie 😄 renforce les liens et les apprentissages.

🔬 Des travaux récents (SAARIMÄKI et al., 2016) ont montré que ces émotions activent des patterns corporels distincts, observables dans plusieurs cultures 🌍. Preuve qu’elles sont à la fois universelles 🌐 et nécessaires.

🇫🇷 Et en France, dans nos contextes scolaires 🏫 ou professionnels 💼, combien d’enfants et d’adultes sont encore sanctionnés pour avoir manifesté… une émotion pourtant normale et régulatrice ? 🤷‍♀️

🎯 L’objectif est de les reconnaître 👀, de les nommer 🗣️ et de comprendre leur message 💬. C’est aussi une compétence clé dans les troubles du neurodéveloppement.

Texte et infographie de Fabrice PASTOR 

Le temps, une illusion cérébrale ? Comment notre cerveau perçoit les secondes qui filent

La recherche sur la perception du temps révèle que notre « temps psychologique » ne coïncide pas parfaitement avec le « temps physique », bien qu’il ne soit pas totalement déconnecté. Le projet CHRONOLOGY vise à comprendre comment le cerveau construit une cartographie du temps, posant l’hypothèse que ces mécanismes neuronaux sont communs à différentes espèces.

Des études récentes ont identifié des « neurones temporels » dans le cerveau humain, notamment dans l’hippocampe, essentiels à la mémoire épisodique et à l’organisation temporelle des souvenirs. Ces découvertes suggèrent l’existence d’un système cérébral stable pour représenter le temps, permettant de se projeter dans le passé et le futur et de prendre des décisions. La perception du temps est également influencée par des facteurs émotionnels et physiologiques, le danger ou les émotions intenses pouvant dilater le temps perçu.

Pour aller plus loin : https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/neurosciences/cerveau-comment-ressentons-nous-le-temps/

Évitement et anxiété

Évitement expérientiel et anxiété : un piège contre-productif… 😬

Vous fuyez ce qui vous stresse ? 🏃‍♂️💨
En général, c’est commun. L’évitement expérientiel, c’est ce réflexe de contourner ce qui génère un malaise : #émotions intenses 😣, pensées inconfortables 🤯 ou encore souvenirs douloureux… 😢

Le problème, c’est qu’en évitant, on renforce l’anxiété. Alors à court terme, on respire un peu 😮‍💨, mais à long terme, on s’essouffle. Les études sont claires :

« L’évitement émotionnel est associé à une intensification des symptômes anxieux et dépressifs » (Kashdan et al., 2006). 📚

Donc plus on évite, plus le #cerveau 🧠 interprète la situation comme étant dangereuse ⚠️.

Un cercle vicieux s’installe, où les comportements d’évitement (procrastination, distraction, etc.) entretiennent l’angoisse plutôt que de l’apaiser. 🔄

  • Et cela concerne de nombreux troubles : phobie sociale, PTSD, #TDAH, TOC… Une méta-analyse (Chawla & Ostafin, 2007) montre que l’acceptation émotionnelle diminue significativement les troubles anxieux. ✅

Accompagner les personnes à identifier leurs mécanismes d’évitement peut ouvrir la voie à une prise en charge plus efficace. C’est un levier puissant en thérapie d’acceptation et d’engagement (#ACT), très utilisé aujourd’hui en France. 🇫🇷

Texte de Fabrice Pastor,
Infographie réalisée par @Igor Thiriez

Pascal GAUTIER,
psychologue ACT,
Près de Dinan (22) et à distance

Le piège de l'évitement face à l'anxiété...

Biais cognitifs au travail : comment ils influencent vos décisions et relations professionnelles

Les biens cognitifs au travail🧠Des biais cognitifs… au travail !

Vous pensez que tout est rationnel? Vous pensez que vous contrôlez tout ? Vous croyez être toujours objectif et rationnel ?

Eh bien non… dans votre travail (comme ailleurs), notre cerveau a des raccourcis mentaux… alias les biais cognitifs.

Le problème, c’est que ces biais influencent nos décisions, nos jugements, nos évaluations, parfois même sans qu’on s’en rende compte.

Par exemple :

On fait trop confiance aux machines (biais d’automatisation),

On croit qu’on va forcément mieux gérer que les autres (biais d’optimisme),

On ne voit que ce qui confirme ce qu’on pense déjà (biais de confirmation),

Et bien sûr… on juge les autres plus durement que nous-mêmes (erreur d’attribution fondamentale).

Ces raccourcis sont naturels, mais ils ne sont pas toujours neutres. Dans un contexte pro, ils peuvent affecter le recrutement, la collaboration, la gestion des conflits ou encore l’innovation !

Infographie réalisée par Lauriane Maheu, texte de Fabrice Pastor

Comment Améliorer Sa Concentration : Au-delà de la Volonté

Augmenter l'attention

🧠 Comment améliorer sa concentration ? (et non, ce n’est pas qu’une question de volonté)

On a tous connu ça: ouvrir son ordi pour travailler… et se retrouver à googler les derniers potins sur le dernier film Deadpool 3 minutes plus tard.

La concentration, ce n’est pas une compétence magique, c’est un équilibre entre attention, motivation et gestion cognitive…

Des recherches en neurosciences montrent que l’attention soutenue dépend fortement de notre capacité à réduire la charge cognitive inutile et à maintenir une motivation intrinsèque suffisante (Deci & Ryan, 2000).

Et plus votre cerveau jongle entre les distractions, moins il encode l’information de façon efficace (Ophir et al., 2009).

En France, les dispositifs d’accompagnement scolaire ou professionnel sous-estiment encore trop souvent l’impact de l’environnement sensoriel et l’absence de routines structurées sur la concentration, notamment pour les personnes porteuses de TDAH.

Alors non, ce n’est pas qu’un « manque de volonté ». C’est souvent un manque de stratégie cognitive… et cette infographie en propose quelques-unes, efficaces et validées.

Infographie réalisée par Mylin, texte de Fabrice Pastor

Institut IRLES Audrey Durand Pascal Barbecanne

Prendre RDV

Soi contextuel et vagues émotionnelles

Voilier en mer« Le jour où votre mère meurt, vous souffrez. Si quelqu’un vient vous voir pour exprimer sa tristesse et vous offrir son amitié, son soutien et une main chaleureuse, cela vous réconforte.

C’est le monde des vagues. Il se caractérise par la naissance et la mort, les hauts et les bas, l’être et le non être. La vague à un début et une fin.

Ce n’est pas le cas de l’eau.

Dans le monde de l’eau, il n’y a ni naissance, ni mort, ni être ni non être, ni début ni fin. Quand nous touchons l’eau, nous touchons la réalité dans sa dimension ultime et nous nous libérons de tous ces concepts. »

Thich Nhat Hanh (1994), La plénitude de l’instant, vivre en pleine conscience.

La citation de Thich Nhat Hanh illustre en partie de façon poétique une distinction centrale de la thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT) : celle entre le soi contenu et le soi contextuel.

Dans cette perspective, les vagues représentent nos expériences immédiates – pensées, émotions, souvenirs, douleurs ou joies – qui apparaissent et disparaissent au fil du temps. C’est ce que l’ACT appelle le « soi comme contenu », c’est-à-dire l’ensemble des histoires que nous nous racontons sur nous-mêmes et sur notre vie, et qui peuvent parfois nous submerger ou nous enfermer.

En revanche, l’eau symbolise le « soi comme contexte », cette part de nous qui observe, accueille et contient toutes ces vagues sans jamais être réduite à aucune d’elles. L’eau ne disparaît pas lorsque la vague retombe ; elle reste présente, inchangée, quelle que soit la forme ou l’intensité des vagues qui la traversent. Dans la pratique de l’ACT, apprendre à se connecter à ce « soi contextuel », c’est découvrir en soi un espace d’accueil et de stabilité, qui permet de traverser les tempêtes émotionnelles sans s’y perdre complètement.

En simplifiant, disons que l’ACT nous invite notamment à reconnaître que nous ne sommes pas uniquement nos pensées ou nos émotions, mais aussi la conscience qui peut les observer. Cela ouvre la possibilité de vivre avec plus de liberté et de souplesse, en n’étant plus prisonnier de nos vagues intérieures, mais en apprenant à naviguer sur l’océan de notre expérience humaine.

Thich Nhat Hanh souligne toutefois dans ce texte une dimension spirituelle qui dépasse l’expérience individuelle. Cela est clarifié dans le chapitre d’où est issu ce court extrait.

Pascal, avril 2025

Syndrome de l’imposteur

Syndrome de l'imposteur

Le syndrome de l’imposteur est un phénomène psychologique où une personne doute de sa légitimité et attribue ses succès à la chance plutôt qu’à ses compétences.

Ce sentiment, théorisé par Pauline Rose Clance et Suzanne Imes en 1978, touche environ 70% des individus au moins une fois dans leur vie. Il peut entraîner anxiété, burnout et dépression.

👉 Comment surmonter le syndrome de l’imposteur

✔️ 1. Identifier le syndrome : Reconnaître les signes et comprendre son fonctionnement personnel.

✔️ 2. Mettre à distance : Utiliser l’imagination pour externaliser et nommer les pensées négatives.

✔️ 3. Changer de perspective : Confronter les pensées négatives avec des preuves de ses compétences réelles.

✔️ 4. Chercher du soutien : Consulter un psychologue pour travailler sur l’estime de soi et les causes profondes.

Pascal GAUTIER

  • Infographie complète réalisée par Chrystèle Lim, à partir d’un texte de Fabrice Pastor

Comprendre l’Imago : Influence des Figures Parentales sur nos Relations

interelationsSelon Carl Gustav Jung, l’imago est une représentation inconsciente d’une figure importante, généralement parentale, qui influence la perception et les relations d’un individu tout au long de sa vie.

Elle intègre les projections, les fantasmes et les expériences émotionnelles de l’enfant vis-à-vis de ses figures parentales.

Pour Jung, travailler sur les imagos en thérapie permet de prendre conscience de ces modèles inconscients, de « déconstruire » ces représentations pour mieux appréhender son fonctionnement intérieur et avoir des relations plus authentiques avec les autres.

Des exemples concrets d’imago dans la vie quotidienne incluent :

1. Relations de couple :

Les partenaires peuvent projeter sur l’autre des attentes et des comportements basés sur leurs imagos parentales, influençant ainsi leur dynamique relationnelle.

2. Interactions professionnelles :

Un employé peut percevoir son supérieur comme une figure parentale, ce qui peut affecter sa manière de recevoir des critiques ou des éloges.

3. Éducation des enfants :

Les parents peuvent inconsciemment reproduire les comportements de leurs propres parents, influencés par leurs imagos, dans la manière dont ils élèvent leurs enfants.

4. Thérapie et coaching :

La méthode Imago est utilisée pour aider les individus à comprendre et à déconstruire ces images psychiques pour améliorer leurs relations et leur développement personnel.

Voici quelques exercices pratiques à faire seul pour travailler sur son imago :

1. Questions introspectives :

Posez-vous des questions pour explorer vos besoins et émotions :

– « Ce que j’aime faire c’est… »     

– « Ce dont j’ai besoin c’est… » 

– « Ce qui m’angoisse c’est… »

– « Ce qui m’aide à apaiser mon angoisse c’est… »

– « Après cette période, ce que j’aimerais qui ait changé en moi c’est… »

– « Et le résultat dans ma vie, ce sera… ».

2. Journal de bord :

Tenez un journal où vous notez vos réflexions quotidiennes sur vos interactions et vos réactions émotionnelles.

3. Imagerie mentale :

Pratiquez des exercices d’imagerie mentale (souvent facilitée par la visualisation mentale) pour imaginer des interactions idéales et observer comment vous vous sentez dans ces scénarios.

4. Méditation :

Utilisez la méditation pour vous connecter à vos émotions profondes. Apprendre à les accueillir avec gentillesse. Identifier les schémas relationnels inconscients.

L’aide d’un psychothérapeute est souvent facilitateur et source de plus de changements positifs.

Références

1. Imago (psychanalyse) – Wikipédia. [Lien](https://fr.wikipedia.org/wiki/Imago_%28psychanalyse%29)
2. Imago – Le Carnet Psy. [Lien](https://carnetpsy.fr/imago/)
3. Soi et imago: instance psychique, structure psychologique de l… [Lien](http://psychiatriinfirmiere.free.fr/definition/instances/soi_imago.htm)
4. Jung et le phénomène religieux | Cairn.info. [Lien](https://www.cairn.info/revue-imaginaire-et-inconscient-2003-3-page-49.htm)
5. Imago ou la construction des images psychiques – Autour de Carl. [Lien](https://carl-gustav-jung.blogspot.com/2014/12/imago-ou-la-construction-des-images.html)
6. Quelques idées et exercices selon la méthode Imago pour bien vivre le confinement. [Lien](https://marion-malaussena-drosson.com/podcasts/quelques-idees-et-exercices-selon-la-methode-imago-pour-bien-vivre-le-confinement/)
7. Apprenez à manager vos équipes avec la méthode Imago. [Lien](https://www.businessofeminin.com/apprenez-a-manager-vos-equipes-avec-la-methode-imago/)
8. Stage de couples IMAGO. Transformer les conflits – YouTube. [Lien](https://www.youtube.com/watch?v=0erWFU2NZxg)
9. 44 Claude Parisot : Vivre l’amour grâce à la thérapie Imago – YouTube. [Lien](https://www.youtube.com/watch?v=4xb7t1pWWj0)

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