La métaphore du VRP : comment interagir avec nos pensées encombrantes ?

Un VRP au pas de la porte d'une petite maison en pierre ; une femme qui fait une geste de refus

Nous avons tous connu cette situation : le gong de la porte retentit, et derrière la vitre se tient un VRP particulièrement insistant. Il est là pour nous vendre un produit dont nous n’avons absolument pas besoin.

En thérapie ACT (Thérapie d’Acceptation et de Engagement), nous utilisons souvent cette image pour illustrer notre relation avec nos pensées négatives.

La stratégie de l’évitement (et ses limites)

Dans un premier temps, notre réflexe naturel est souvent de faire le mort. Nous coupons le son, nous nous cachons derrière le canapé, nous essayons de l’ignorer en espérant qu’il finira par s’en aller.

Mais que se passe-t-il en réalité ?

  • Le VRP frappe plus fort.

  • Il insiste, tourne autour de la maison, regarde par les fenêtres.

  • Cela génère chez nous une tension permanente, une hypervigilance et des questions épuisantes (« Est-il encore là ? Quand va-t-il repartir ? »).

L’évitement expérientiel — tenter de fuir ou d’étouffer nos pensées — demande une énergie phénoménale pour un résultat souvent contre-productif (Hayes et al., 2006).

Quelle autre posture pouvons-nous adopter ?

Si l’ignorer ne fonctionne pas et lui hurler dessus ne fait que prolonger l’interaction, quel autre comportement est possible ?

La réponse est simple, bien que demandant du courage : aller à sa rencontre.

Ouvrir la porte, le regarder en face et lui dire calmement, mais fermement :

« Non merci, je ne suis pas intéressé. »

Le secret réside ensuite dans la constance : maintenir cette position exacte, avec neutralité, quoi qu’il dise ou quel que soit l’argument massue qu’il sorte de sa mallette.

Que va-t-il faire alors ?

Face au maintien de notre refus tranquille et inflexible, le VRP va finir par lâcher l’affaire. Il n’a plus de prise, plus de dialogue sur lequel rebondir. Il va ranger ses prospectus et passer à la maison suivante.

Ne plus « acheter » nos pensées

Dans notre quotidien, notre esprit est ce VRP hyper-performant. Il nous connaît par cœur, sait exactement sur quels boutons appuyer et revient régulièrement nous raconter des histoires désagréables ou anxiogènes à notre sujet.

La leçon de cette métaphore est essentielle pour notre flexibilité psychologique : nous ne pouvons pas empêcher le VRP de frapper à la porte, mais nous ne sommes jamais obligés d’acheter ce qu’il vend, ni même d’écouter son argumentaire.

En apprenant à décrocher de l’histoire (défusion cognitive) et à accepter la présence transitoire du démarcheur sans lui ouvrir notre salon, nous récupérons l’énergie nécessaire pour faire ce qui compte vraiment pour nous.

Voir aussi la Métaphore des passagers du bus

Vœux 2026 : et si cette année, nous cultivions ce qui compte vraiment ?

Flexibilité & Valeurs Meilleurs voeux 2026 Agir selon ce qui compte

Chers lecteurs, chères lectrices,

En ce début de nouvelle année, l’air est souvent empli de résolutions, de grandes aspirations et de la douce promesse d’un renouveau.

Et si, pour 2026, nous allions au-delà des objectifs habituels pour cultiver quelque chose de plus profond et durable : la flexibilité psychologique ?

Le piège des « bonnes » résolutions

Nous l’avons tous expérimenté : la pression de devoir être « parfait », d’atteindre des idéaux qui, parfois, ne sont pas alignés avec nos valeurs profondes. Combien de résolutions de début d’année finissent par s’éteindre, nous laissant avec un sentiment d’échec ?

L’Approche par l’Acceptation et l’Engagement (ACT) nous invite à regarder les choses autrement. Plutôt que de lutter contre nos pensées ou émotions difficiles, elle nous propose de les accueillir, de les observer avec curiosité, et de choisir nos actions en fonction de ce qui donne réellement sens à notre vie.

2026 : Une année pour agir selon vos valeurs

Pour cette nouvelle année, je ne nous souhaite pas l’absence de défis – car ils font partie de l’expérience humaine. Souhaitons-nous plutôt la capacité d’accueillir ces défis avec souplesse, sans nous laisser emporter par les orages intérieurs.

Je vous souhaite d’identifier clairement ce qui compte le plus pour vous :
est-ce la connexion avec vos proches ?
L’épanouissement professionnel ? La créativité ? L’altruisme ?
Une fois ces valeurs éclaircies,
l’ACT nous aide à poser des actions concrètes, même petites, qui nourrissent ces piliers essentiels.

  • Faire de la place : Apprenez à observer vos pensées et émotions, agréables ou non, sans jugement. Elles sont comme des nuages qui passent dans le ciel.

  • Choisir sa direction : Clarifiez ce qui est vraiment important pour vous, au fond de vous.

  • Agir avec intention : Posez des gestes, même modestes, qui vous rapprochent de la personne que vous souhaitez être, et de la vie que vous souhaitez construire.

Une invitation à la flexibilité

Que 2026 soit une année d’exploration, d’apprentissage et d’engagement. Une année où, plutôt que de poursuivre un bonheur éphémère, vous construisez une vie riche et pleine de sens, petit pas après petit pas !

 

Je suis là pour vous accompagner sur ce chemin, si vous le souhaitez….

 

ACT : Nommer l’esprit

Découvrez la puissance de « Nommer l’Esprit » : Une technique de thérapie ACT pour une meilleure gestion de vos pensées

Aujourd’hui, nous vous présentons une technique issue de la thérapie ACT (Thérapie d’Acceptation et d’Engagement), développée par Steven HAYES : « Nommer l’Esprit ». Cette approche ludique et efficace vous aidera à mieux gérer vos pensées et à améliorer votre flexibilité psychologique.

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Qu’est-ce que « Nommer l’Esprit » ?

« Nommer l’Esprit » est une forme de défusion cognitive qui consiste à personnifier vos pensées en leur donnant un nom.

L’objectif est de créer une distance entre vous et vos pensées, afin de les observer de manière plus objective.

Cette technique vous permet de reconnaître que votre esprit produit constamment des pensées, mais que ces pensées ne sont pas nécessairement des vérités absolues ou des ordres à suivre.

Comment fonctionne cette technique ?

Pour pratiquer « Nommer l’Esprit », il vous suffit de personnifier votre esprit en lui donnant un nom, souvent humoristique ou légèrement irrévérencieux.

Par exemple, vous pourriez l’appeler « Radio Rumination » ou « Monsieur Catastrophe ». Vous pouvez aussi, comme le fait Steven HAYES, lui donner un prénom. En nommant ainsi votre esprit, vous pourrez plus facilement observer vos pensées sans vous y identifier complètement.

Au lieu de vous laisser emporter par le flux de vos pensées négatives, vous pourrez vous dire :

« Ah, voilà Radio Rumination qui recommence ! »

Cette technique vous aide à développer le « Soi observateur« , une composante clé de l’ACT, et à voir vos pensées comme de simples événements mentaux plutôt que comme des faits.

Les étapes pour mettre en pratique « Nommer l’Esprit »

1. Choisissez un nom pour votre esprit, par exemple « le Critique » ou « le Juge ».

2. Lorsque vous remarquez des pensées négatives ou anxiogènes, dites-vous, par exemple : « Ah, c’est le Critique qui parle encore », ou simplement « Merci esprit ! »

3. Cette pratique vous aide à réaliser que vous n’êtes pas vos pensées, mais plutôt l’observateur de celles-ci.

4. Avec le temps, vous apprendrez à ne pas prendre ces pensées aussi au sérieux et à les voir comme de simples productions mentales.

Pourquoi est-il important de donner un nom à l’esprit ?

Donner un nom à l’esprit est important pour plusieurs raisons :

1. Créer une distance :
En nommant l’esprit, vous créez une séparation entre vous et vos pensées, ce qui vous permet de voir les pensées comme des événements mentaux plutôt que des faits absolus.

2. Favoriser la défusion cognitive :
Cette technique aide à se « défusionner » de ses pensées, c’est-à-dire à ne pas s’y identifier complètement. Ainsi, vous pouvez observer vos pensées sans être emporté par elles.

3. Développer le « Soi observateur »:
Nommer l’esprit renforce votre capacité à observer vos propres processus mentaux de manière détachée, une compétence clé en ACT.

4. Réduire l’impact émotionnel :
En donnant un nom souvent humoristique à l’esprit, vous pouvez réduire la charge émotionnelle associée aux pensées négatives.

5. Augmenter la flexibilité psychologique :
Cette technique permet de prendre du recul par rapport à vos pensées, favorisant ainsi une plus grande adaptabilité face aux situations difficiles.

6. Faciliter la prise de conscience :
Nommer l’esprit vous aide à reconnaître plus facilement les schémas de pensée récurrents et potentiellement problématiques.

En conclusion,

« Nommer l’Esprit » est une technique simple et efficace pour améliorer votre bien-être psychologique. En pratiquant régulièrement cette approche, vous développerez votre capacité à observer vos pensées avec plus de recul et de flexibilité, et à ne plus vous laisser submerger par les pensées négatives.

Alors, n’hésitez plus et donnez un nom à votre esprit dès aujourd’hui !

La flexibilité psychologique : comment l’amour transforme la souffrance

Steven C. HAYES, à l’origine de la thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT), nous confie dans sa célèbre conférence de février 2016 ses propres expériences face aux troubles paniques et les promesses qui ont changé sa vie..

S. C. HAYES, initiateur de l’approche ACT, est professeur émérite de psychologie à l’Université du Nevada. Il est l’auteur de 48 livres et de plus de 725 articles scientifiques. Ses recherches portent principalement sur l’analyse des processus psychologiques liés au langage et à la cognition, visant à alléger la souffrance humaine et à favoriser une vie guidée par les valeurs.

Reconnu internationalement pour sa contribution à la science comportementale contextuelle, il figure aujourd’hui à la 58e place des psychologues au plus grand impact au monde (toutes époques confondues – Research.com).

Vous pouvez activer les sous-titres en français (et modifier la vitesse de lecture) via les paramètres de la vidéo YouTube, accessibles par le symbole de l’engrenage.

Son site Internet : https://stevenchayes.com/

Un livre de référence : Un esprit libéré : Le guide de la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), Steven C. Hayes.

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