Connaissez-vous cette approche issue de la 3e vague des Thérapies Comportementale et Cognitive ?
Voici une courte vidéo d’introduction présentant la thérapie d’ACT :

Thérapies ACT Comportementales, Cognitives et Emotionnelles (TCC)
Pascal GAUTIER, Psychologue, Sophrologue RNCP-FEPS, près de Dinan (22) et à distance
Connaissez-vous cette approche issue de la 3e vague des Thérapies Comportementale et Cognitive ?
Voici une courte vidéo d’introduction présentant la thérapie d’ACT :
Il existe encore aujourd’hui, même chez certains professionnels de la santé, des confusions entre ces différents termes.
Tous ces «psy…» ont en commun de s’intéresser à la psyché humaine, aux processus psychologiques. Les uns par le biais d’une approche scientifique, les autres de manière plus empirique, voire philosophique. La plupart exerce dans le domaine du soin, certains psychologues – comme nous le précisons plus loin – dans des domaines différents.
Tentons de clarifier ces classifications, notamment au regard de leur cursus préalable en France… Lecture d’environ 6 min.
Il est d’abord médecin, donc titulaire d’un doctorat, ayant suivi un premier parcours universitaire commun à tous les docteurs en médecine.
Après un cursus de 10 années, il a obtenu un DES (Diplôme d’Etudes Spécialisées).
Comme d’autres peuvent s’orienter vers la cardiologie, la gériatrie, etc., le psychiatre s’est spécialisé dans la maladie mentale.
A noter que les pédopsychiatres, comme le nom l’indique, sont des psychiatres spécialistes des enfants.
Psychiatres et pédopsychiatres prescrivent par le biais d’une ordonnance des psychotropes : neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs, normothymiques (régulateurs de l’humeur), hypnotiques.
Ils réalisent des diagnostics, prescrivent et administrent un traitement (médicamental et/ou psycho-thérapeutique) pour lutter contre les souffrances psychiques ou les troubles psychiatriques.

Ils peuvent exercer en institution publique, dont les hôpitaux spécialisés, ou en cabinet libéral.
Le psychiatre n’a pas forcément suivi une formation longue en psychothérapie, même s’il a une connaissance des principales approches.
La neuropsychiatrie désignait l’exercice conjoint de la neurologie et de la psychiatrie, séparées en France à partir de 1968.
Le psychologue a validé un cursus universitaire de cinq années après le BAC, sanctionné, avant la réforme, par un D.E.S.S. à visée directement professionnelle (Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées, avec un stage pratique en entreprise), ou un D.E.A. , initiant en général un Doctorat (Diplôme d’Etudes Approfondie, avec depuis plusieurs années la possibilité d’un stage pratique conférant le titre de psychologue). Ces deux cursus sont axés dès le départ sur la psychologie, en plus de cours de biologie, statistiques et méthodologie.
Depuis 2002 et la réforme (BAC +) « 3-5-8 », Licence-Master-Doctorat – L.M.D., avec l’harmonisation européenne des grades universitaires, le D.E.S.S. et le D.E.A. ont été remplacés par le diplôme de Master (M2 ou Master 2è année), également de niveau BAC+5.
NOTE : La majorité des psychologues français n’a pas de doctorat en psychologie. C’est donc une erreur de les appeler Docteur. Il est par ailleurs possible d’avoir le titre de Docteur en psychologie, sans avoir le titre de psychologue !
Le diplôme de psychologue est reconnu par l’État depuis 1985. L’usage du titre de psychologue est donc réglementé et protégé.
L’usurpation du titre de psychologue est un délit (infraction prévue par l’article 433-17 du code pénal).
Là où réside la confusion, c’est que la majorité des psychologues n’est pas psychothérapeute, c’est à dire que ces psychologues n’exercent pas leur activité en face à face avec une personne en souffrance psychologique.

Ils peuvent exercer dans des fonctions différentes sans la mise en avant de leur titre. Nous pouvons ainsi les trouver dans le service des Ressources Humaines d’une entreprise, ou dans des missions de recrutements. Ils peuvent être présents dans la formation ou l’orientation professionnelle (conseiller en bilan de compétences, psychologue scolaire).
La psychologie couvre en effet de nombreux domaines différents.
Citons :
Les psychologues sont soumis à un code de déontologie.
Les psychologues cliniciens ont, comme tout psychologue, une formation de base scientifique. Ils complètent leur formation universitaire par l’acquisition de compétences dans un ou plusieurs modèles psycho-thérapeutiques et continuent de s’informer ou se former tout au long de leur activité.
Il s’agit d’un psychologue spécialisé en neuropsychologie.
Son rôle est d’évaluer à travers un entretien clinique et une série de tests normalisés et standardisés le fonctionnement cognitif (attention, mémoire, raisonnement, langage…) et le comportement (émotivité, agressivité, hyperactivité…) de toute personne atteinte d’une lésion cérébrale ou d’un trouble neurologique.
Une évaluation neuropsychologique peut également concerner une personne ayant des plaintes cognitives, en dehors de toute pathologie connue.
C’est un terme générique qui regroupe l’ensemble des professionnels de la santé mentale qui font de la psychothérapie et qui sont reconnus par l’État : tous les psychologues ne sont pas psychothérapeutes, mais tous les psychothérapeutes ont dû se former à la psychologie.
Le psychothérapeute est un professionnel de la santé mentale qui propose des thérapies pour aider les personnes souffrant de troubles psychologiques, émotionnels ou mentaux. Sa pratique est encadrée par la loi et soumise à un code de déontologie strict, garantissant ainsi une prise en charge éthique et responsable.
Le psychothérapeute peut ainsi proposer différentes approches thérapeutiques, telles que la psychanalyse, la thérapie cognitivo-comportementale, la thérapie familiale ou encore l’hypnothérapie. Il est soumis au secret professionnel et s’engage à respecter un code de déontologie strict, garantissant ainsi une pratique éthique et responsable.
Face à quelques risques de dérives, le titre de psychothérapeute est encadré par la loi d’août 2009 et le décret de mai 2010. Le psychothérapeute doit donc pouvoir vous communiquer sa certification d’enregistrement à l’A.R.S. – Agence Régionale de Santé – qui lui délivre un numéro ADELI.
L’usurpation du titre de psychothérapeute est, lui aussi, un délit.
Ce titre est réservé depuis 2010 :
De nombreuses structures et de nombreux professionnels ont contourné le problème en ajoutant simplement un préfixe ou un suffixe au mot thérapeute. Nous ne pouvons qu’inviter à la prudence en vérifiant systématiquement que le thérapeute est bien inscrit à l’ARS.
Gestalt-thérapie, thérapie systémique, thérapies humanistes, analyse transactionnelle, hypnose éricksonienne, thérapie des schémas, programmation neurolinguistique, approches psychocorporelles, art thérapie, thérapies à médiation, etc. Avec plus de 400 approches* officiellement répertoriées, le domaine de la psychothérapie est très vaste. De nouveaux courants ou modalités thérapeutiques apparaissent régulièrement.
Deux exemples :
Encore très présentes en France, certaines psychothérapies sont d’inspiration psychanalytique c’est-à-dire qu’elles s’appuient sur les théories de la psychanalyse (voir plus loin). Dans une approche souvent plus pragmatique que cette dernière, elles sont axées sur l’explication des difficultés présentes par des processus inconscients. Le passé y a une place essentielle. Le suivi thérapeutique nécessite le plus souvent un nombre important de séances.
Les Thérapies Cognitives et Comportementales – TCC – qui en sont à leur « troisième vague »2, représentent une approche très différente. Le passé est abordé à travers une analyse fonctionnelle qui vise à comprendre et expliquer au patient les difficultés présentes. Des objectifs thérapeutiques sont définis entre le patient et le psychothérapeute, qui collaborent ensemble à la thérapie. Le présent et le futur sont les axes principaux de l’accompagnement. Le thérapeute donne des tâches complémentaires 3 à réaliser entre les rencontres : la thérapie est ainsi souvent « brève » et axée sur le pragmatisme et l’efficience. L’approche psycho-éducative, l’envoi de supports, contribuent à la transmission de nouvelles compétences psychologiques qui s’inscrivent dans le long terme. Les T.C.C. sont des psychothérapies s’appuyant sur les recherches scientifiques en psychologie et neuropsychologie. Elle sont régulièrement évaluées et certaines de leurs techniques peuvent ainsi être écartées, d’autres modifiées ou ajoutées.
Au-delà des étiquettes ou des appellations, des méthodes et des techniques, le choix d’un psychothérapeute reste personnel.
Nous savons notamment que l’alliance thérapeutique – ce lien entre patient et soignant – est essentielle dans le processus de changement. Par ailleurs, le psychothérapeute doit adapter son approche à chaque situation singulière, et non adapter le patient à sa théorie.
Appellation plus récente qui désigne, là encore, un professionnel spécialisé dans le soin psychologique.
En bref, nous pouvons dire qu’il s’agit d’un psychothérapeute ne pouvant pas prétendre à ce titre encadré par la loi, ici par des politiques non spécialistes. Il peut en effet être reproché à ces derniers de sembler s’appuyer davantage sur les connaissances et diplômes que sur les compétences et expertises.
Des syndicats représentatifs de la profession se sont ainsi mis d’accord sur ce terme de psychopraticien.
Il s’agit de la dénomination d’une activité professionnelle, et non d’un titre, dénomination déposée à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) en 2009.
L’European Association for Psychotherapy (EAP) a créé un Certificat Européen de Psychothérapie. Pour l’obtenir, il faut avoir validé des études supérieures (bac + 3), ainsi qu’une formation approfondie spécifique de quatre ans minimum. Ce certificat, comme les attestations de formation en psychothérapie de ces professionnels sont délivrés par des structures privées. Ils ne sont pas reconnus par l’État.
Il est a souligner qu’ainsi les exigences de cette Fédération sont plus élevées, les compétences cliniques, pratiques, plus contrôlées, que lors des formations universitaires de base des psychologues cliniciens.
Le terme de psychanalyste a été créé vers 1896 par le neurologue autrichien Sigmund Freud (1856-1939). Ce n’est pas un titre protégé par la loi française.
Le psychanalyste d’aujourd’hui a souvent une formation universitaire, y compris dans d’autres disciplines. Il est en effet utile, voire nécessaire, qu’il ait une bonne culture en sciences humaines.

En plus de l’étude théorique des texte de S. Freud, le psychanalyste a suivi lui-même au moins une psychanalyse puis, une analyse didactique, supervisée par un psychanalyste expérimenté. Devenir psychanalyste nécessite un long travail d’introspection et de clarification, au fil de nombreuses années.
La base de cette approche est d’expliquer que nos émotions, nos relations et nos comportements, sont d’abord déterminées par des facteurs inconscients. Ces processus inconscients se sont construits notamment lors de nos premières interactions, dans notre petite enfance. Le travail analytique, basé sur le discours (notamment autour des rêves, des actes manqués et lapsus), vise à révéler certains de ces processus, à en dévoiler la genèse, pour développer une plus grande lucidité, accepter la souffrance et mieux composer avec la réalité. Ce procédé nécessite beaucoup de temps, certains psychanalystes considérant qu’il n’est jamais terminé. La cure analytique prend souvent ainsi plusieurs années, au rythme d’une séance chaque semaine, en moyenne.
Depuis Jacques Lacan (1901-81), la psychanalyse est davantage présentée comme un mode de connaissance de soi, de compréhension de nos fonctionnements psychiques, dans laquelle la guérison peut advenir « de surcroît »… mais pas forcément.
Françoise Dolto (1908-88) distinguait la psychothérapie de la psychanalyse : en cas de souffrance, il est préférable de privilégier la première.
Un psychomotricien est titulaire d’un Diplôme d’Etat, obtenu après une formation spécifique de trois ans.
Il travaille sur prescription médicale et après examen neuropsychologique du patient par le médecin.
Il intervient auprès des enfants, des adultes et des personnes âgées qui présentent des maladresses, des difficultés motrices ou graphiques, qui ont des difficultés pour se repérer dans l’espace ou le temps, ou encore qui sont en difficulté pour investir leur corps.
ll réalise des bilans psychomoteurs, une rééducation des troubles du développement psychomoteur ou des désordres psychomoteurs (au niveau de la motricité globale, la motricité fine, le schéma corporel, l’adresse, les coordinations, l’organisation spatiale, etc.), au moyen de techniques de relaxation dynamique, d’éducation gestuelle, d’expression corporelle ou plastique et par des activités rythmiques, de jeu, d’équilibration et de coordination.
Il contribue, par des techniques d’approche corporelle, au traitement des déficiences intellectuelles, des troubles caractériels ou de la personnalité, des troubles des régulations émotionnelles et relationnelles et des troubles de la représentation du corps d’origine psychique ou physique.
| PSY… | Remboursement partiel ou total dans certaines situations… |
| Psychiatre | Le psychiatre est un médecin spécialisé. Remboursement variable selon le secteur (1 ou 2) et le respect du parcours de soins. Les honoraires en secteur 2 peuvent être libres. |
| Psychologue | Remboursement possible via les dispositifs « Santé Psy Etudiant » ou « Mon Soutien Psy » (50€) ou en établissement public (CMP, hôpital). « Mon Soutien Psy » : avec les psychologues adhérant à ce dispositif. Jusqu’à 12 séances remboursées par an (1 entretien d’évaluation en cabinet et 11 séances de suivi dont certaines obligatoirement en cabinet). S’adresse aux personnes souffrant de troubles psychiques légers à modérés. « Santé Psy Etudiant » : avec les psychologues adhérant à ce dispositif. Jusqu’à 12 séances remboursées par an, à distance ou/et en cabinet, Pour tout étudiant de l’enseignement supérieur, dont la formation est reconnue par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. |
| Psychothérapeute | . Le titre est réglementé, mais les séances ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie, sauf si le professionnel est également psychiatre ou psychologue (voir ci-dessus). |
| Psychopraticien | Non remboursé. Profession non réglementée |
| Psychanalyste | Non remboursé. |
| Psychomotricien | Non remboursé. Remboursement possible pour le bilan et les séances dans le cadre d’une prise en charge psychomotrice, mais cela reste exceptionnel. |
| Mutuelles |
De nombreuses complémentaires proposent des forfaits de remboursement pour les consultations de psychologues, même en dehors du dispositif « Mon Soutien Psy ». Il est conseillé de se renseigner auprès de sa mutuelle. |
Merci à mes quelques amis relecteurs, notamment B. Tanguy, qui m’ont permis d’améliorer cet article.
NOTES
Cet article a été initié par un échange avec ma fille Laelia.
1 – VAE : Validation des Acquis de l’Expérience. Voir www.vae.gouv.fr
*Ce nombre de 400 psychothérapies est cité par Olivier Chambon, Michel Marie-Cardine, dans«Les bases de la psychothérapie» – 3e édition de 2019, Dunod.
2 – La 1ère vague des T.C.C. est la vague comportementale radicale (conditionnement opérant), débutée vers 1950 aux Etats Unis d’Amérique. La seconde est la vague cognitive, initiée vers 1970. Elle met l’accent, pour simplifier, sur le repérage et la modification des pensées et croyances dysfonctionnelles. La plus récente, parfois désignée comme la vague émotionnelle (TCCe), à débuté dans les années 1990. Elle axe le travail thérapeutique sur l’acquisition d’une plus grande souplesse psychologique en modifiant non pas tant le contenu que le rapport entretenu avec les ressentis, les émotions et pensées difficiles, pour plus d’acceptation et d’actions vers ce qui est important pour le patient.
3 – Les tâches en TCC sont des exercices d’application progressifs et des stratégies concrètes pour le quotidien. Il s’agit de développer par l’entraînement de nouvelles compétences psychologiques et comportementales et agir concrètement en direction d’objectifs et valeurs personnelles. Ainsi, lorsque l’on parle de thérapie brève, en réalité, c’est un peu comme si le patient réalisait une ou plusieurs séances quotidiennes, du fait de ces tâches réalisées entre chaque rencontre.
C’est une question à laquelle nous sommes tous confrontés, plusieurs fois dans notre vie.
C’est – sauf exception – une réponse sociale en termes d’activité qui est attendue.
Comme si cela nous définissait…

Petite proposition pour les personnes curieuses, en lien avec des travaux en psychologie sociale : répondez 20 fois de suite (différemment à chaque fois et brièvement) à la question « Qui suis-je ?” (1) .
Les résultats suivent une progression intéressante, qui part d’une présentation publique (fonctions ou travail, statut social, marital, etc.), pour progresser généralement vers des éléments plus intimes…
Sans entrer dans une réflexion philosophique, mon propos est surtout ici de souligner une source de problèmes :
La confusion entre nos histoires
(nom, sexe, origines, métier, relations, statut marital, expériences, rôles, etc.)
et qui nous sommes réellement.
En Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT) que je privilégie, c’est l’un des six processus centraux, source de souffrance (2) : l’attachement au soi conceptualisé, ou « soi comme contenu » (Patty Bach), c’est à dire à une manière de nous décrire. Jonathan Lehmann utilise les termes simples et intéressants de «Moi histoire».
Si nous commençons à croire cette histoire qui nous traverse, à croire que nous sommes cette histoire et surtout si nous y attachons de l’importance, alors nous risquons un jour ou l’autre d’être confrontés à des problèmes.
Si nous nous attachons à ces rôles, ces statuts actuels ou bien de notre passé, nous glisserons alors vers la souffrance au moindre écueil les remettant en question, ou les modifiant (séparation, perte d’emploi ou de revenus, retraite, dégradation physique, etc.).
Sans doute beaucoup d’entre vous connaissent l’étymologie du mot personnage utilisé depuis le XIIIè siècle. Il me semble intéressant d’y faire un court détour.
Ce mot est en effet formé à partir du latin Persona qui désigne le masque de l’acteur : ce qui est présenté, visible.
Il va ensuite désigner un rôle dans une pièce de théâtre ; pour finalement signifier « caractère ».
Le rôle de l’acteur n’est pas l’acteur.
Ne pas confondre la fonction et l’Être.
Depuis le début de votre lecture, peut-être avez-vous trouvé quelques pistes.
L’une d’elles consiste justement à ne pas s’attacher (ou à s’attacher le moins possible) à cette histoire, j’ai envie d’écrire, à notre passé.
La thérapie d’ACT vise ainsi – parmi 6 axes thérapeutiques – à développer une meilleure conscience de soi, de cette part de nous qui reste commune, quoi que nous vivions et traversions.
Nos pensées changent continuellement. Nos sentiments varient. Nos statuts, notre corps se modifient…
Pourtant, il y a ce « je » invariant derrière toutes nos expériences. L’essence de notre Être.
Je ne parle pas toutefois de cette partie de nous qui pense, qui a des croyances, des souvenirs, des fantasmes (le soi penseur, voire ce « Moi jacasseur », pour reprendre les termes de J. Donnars). Il s’agit d’un aspect beaucoup moins familier et plus difficile d’accès, source de libération.
En thérapie d’ACT on le désigne par les termes de Soi comme contexte (en opposition au soi comme contenu). Il s’agit de cette part qui peut observer nos expériences psychiques et émotionnelles, ce Soi qui reste le même, que nous soyons enfant ou très âgé. Il peut être rapproché de la notion du «Moi Présent» de Jonathan Lehmann, même si ce dernier correspond davantage à un autre axe essentiel en Thérapie d’Acceptation et d’Engagement…
Comme beaucoup de psychothérapeutes, je privilégie pour plus de clarté les termes de Soi Observateur.
Concrètement, cela passera par la pratique, l’entraînement. Il s’agit d’apprendre à faire ce pas de côté, à prendre du recul en observant dans l’instant ce qui nous traverse : d’abord nos sensations, ensuite nos pensées puis nos émotions difficiles.
Il s’agit de développer, progressivement, à l’aide d’exercices spécifiques, le point de vue de l’observateur.
N’hésitez pas, pour cela, à vous faire accompagner…
Cet article a été écrit suite à une séance de psychothérapie le 28 mai dernier* au sujet de la confusion entre fonctions et personne : je remercie mon patient qui se reconnaîtra pour cela. [*en 2020]
Notes bas de page :
(1) Test de Kuhn et Mc Partland (1954).
(2) Nous présentons progressivement et de manière synthétique les cinq autres processus et la « rigidité psychologique » : Fusion cognitive – Evitement expérientiel – Prédominance du passé et futur conceptualisés, connaissance de soi limité – Manque de clarté/contact relatif aux valeurs – Actions inutiles ou négatives.
Avoir la sérénité d’accepter ce qui ne peut être changé (nos pensées, émotions difficiles…).
S’engager et agir vers ce qui est important pour nous, malgré l’éventuel inconfort…

Deux phrases qui résument la Thérapie d’Acceptation et d’Engagement, inscrit dans la dernière «vague» des Thérapies Comportementales et Cognitives.
Consultations sur Rdv près de Rennes
www.gautierpascal.fr
La compréhension et la connaissance sont-elles suffisantes au changement ?
Le questionnement et la réflexion autour de la source de la souffrance actuelle sont-ils prioritaires pour la guérison ?
S’il reste important de réaliser une analyse fonctionnelle des difficultés actuelles, cette parabole – attribuée au Bouddha – nous donne une réponse cohérente avec l’approche privilégiée en Thérapie Comportementale et Cognitive étayée par des études récentes autour des traumatismes psychologiques.
C’est tout comme si, ô Malunkyaputta, un homme ayant été blessé par une flèche fortement empoisonnée, ses amis et parents amenaient un médecin chirurgien, et que l’homme blessé dirait :
« Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir qui m’a blessé : si c’est un ksatriya, ou un brahmane, ou un vaisya, ou un sudra ? »
Puis il dirait :
« Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir qui m’a blessé :
Quel est son nom ?
Quelle est sa famille? »Puis il dirait :
« Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir qui m’a blessé : s’il est grand, petit ou de taille moyenne. »
Puis il dirait :
« Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir la couleur de l’homme qui m’a blessé : s’il est noir, ou brun, ou de couleur d’or ? »
Puis il dirait :
« Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir d’où vient cet homme qui m’a blessé :
De quel village, ou de quelle ville, ou de quelle cité ? »Puis il dirait :
« Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir avec quelle sorte d’arc on a tiré sur moi :
Était-ce une arbalète ou un autre arc? »
Puis il dirait :
« Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir quelle sorte de corde a été employée sur l’arc :
Était-elle en coton ou en roseau, en tendon, en chanvre ou en écorce ? »
Puis il dirait :
« Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir de quelle manière était faite la pointe de la flèche :
Était-elle en fer ou d’une autre matière ? »Puis il dirait :
« Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir quelles plumes ont été employées pour la flèche :
Etaient-ce des plumes de vautour, de héron, de paon ou d’un autre oiseau ? »
Puis il dirait :
« Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir avec quelle sorte de tendon la flèche a été enfermée :
Avec des tendons de vache, ou de bœuf, ou de cerf, ou de singe ? »
Puis il dirait :
« Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir si c’était une flèche ordinaire ou une autre sorte de flèche ? »O Malunkyaputta, cet homme mourrait sans le savoir.
Ne perds pas ton temps à comprendre d’où vient la flèche, à analyser qui l’a lancée. Retire-là !
Bouddha
Source: Cūḷa Māluṅkya Sutta — Le court discours à Māluṅkya

Faire la distinction entre l’accessoire et l’#essentiel, #choisir et avancer dans la direction de ce qui est important pour nous, malgré d’éventuelles pensées et émotions inconfortables…

« Elle est la seule fonction végétative (automatique) du corps sur laquelle l’esprit (la volonté) peut agir directement, explique le professeur Similowski. Si l’on nous demandait de ralentir notre transit intestinal ou notre fréquence cardiaque – fonctions tout aussi automatiques -, nous en serions bien incapables ! »
« c’est tout bonnement parce que ça marche ! poursuit le professeur. En la contrôlant, on obtient des effets positifs visibles et mesurables sur le corps ».
« Or, le cerveau est très imparfaitement multitâche. Se focaliser sur une action empêche donc de ruminer ses soucis », souligne le spécialiste de pneumologie. C’est l’équivalent d’une technique de méditation dite « à attention focalisée » qui stabilise et apaise le mental.
« Chaque fois que l’on étire ses poumons en inspirant fort, on provoque une décharge de ce nerf », résume Thomas Similowski.

Accès libre (du 12 au 23/11) au congrès en ligne « Guérir sa Vie« : https://www.sommetguerirsavie.com/lm?r_done=1

J’ai le plaisir d’avoir été sollicité pour ce 1er Congrès où je parlerais de l’intérêt de la sophrologie.
L’équipe de Gérard Karsenty de l’Université Columbia (New York) a découvert chez l’humain et chez la souris que, presque immédiatement après que le cerveau ait reconnu un danger, il ordonne au squelette de libérer dans la circulation sanguine de l’ostéocalcine, une hormone produite par les os, qui est nécessaire pour déclencher la réaction de préparation au combat ou à la fuite.
Une fois relâchée, l’ostéocalcine désactive la branche parasympathique (repos et digestion) du système nerveux autonome et permet ainsi l’activité du système sympathique responsable de la réaction de stress.

« Chez les vertébrés, la réponse au stress n’est pas possible sans ostéocalcine », explique le chercheur…
L’ostéocalcine aide à réguler le métabolisme en augmentant la capacité des cellules à absorber le glucose, améliore la mémoire et aide les animaux à courir plus vite avec une plus grande endurance…
Ces résultats pourraient aussi expliquer pourquoi des animaux qui n’ont pas de glandes surrénales et des personnes souffrant d’insuffisance surrénale – sans aucun moyen de produire de l’adrénaline ou d’autres hormones surrénales – peuvent développer une réaction de stress aigu. L’adrénaline n’est pas nécessaire pour la réponse de combat ou de fuite. Les niveaux circulants d’ostéocalcine sont suffisants pour déclencher la réaction de stress aigu.
Source et compléments :

« Nous terminons comme toujours en respirant profondément plusieurs fois, en activant la confiance, l’harmonie et l’espoir (…)”.
C’est avec ce rituel de fin de séance d’environ huit secondes, dans une posture relâchée, que le fondateur de la sophrologie demandait de terminer les pratiques.
Cela ne peut-il pas être développé ? Je vous propose de le découvrir dans ces quelques lignes.
Le fait que l’esprit influence le corps est largement admis. Il suffit d’évoquer pour cela l’effet placebo.
La sophrologie souligne l’importance fondamentale du corps : il est, pour cet art, le pilier de l’entraînement, la base de toutes nos expériences. Avec l’esprit, c’est l’un des pôles de la conscience.
Mais comment confirmer que le corps influence l’esprit ?
Nous savons que l’activité physique diminue le cortisol (hormone du stress), augmente le taux de dopamine, d’endorphines et de sérotonine, ce qui impacte notre humeur.
En 1988, Strack, Martin & Stepper donnent des indices sur l’effet de notre attitude, en prouvant que l’on trouve un dessin animé plus drôle par le simple fait de tenir un crayon entre les dents – ce qui fait appel aux muscles du sourire – que lorsque nous le tenons du bout des lèvres.
POSTURE DE PUISSANCE POUR PLUS DE CONFIANCE
Les conclusions d’Amy Cuddy 1 illustrent encore mieux notre question introductive.
Cette psychologue rappelle des études montrant que nos comportements non verbaux (expression du visage, posture, gestes) influencent fortement ce que les autres pensent ou ressentent à notre égard.
Sa découverte plus récente démontre que nos comportements influencent ce que nous pensons et ressentons de nous-mêmes.
Incarner une « posture de puissance », en simulant la confiance en soi durant deux minutes, suffit pour ensuite se sentir plus sûr, prendre plus de risques (86 % des sujets parient contre 60 % lors d’une attitude de soumission), augmenter de 20 % le taux de testostérone ou « hormone de puissance » (contre une baisse de 10 %) ; diminuer celui du cortisol de 25 % (au lieu de l’augmenter de 15 % dans une attitude contraire).
Ainsi, depuis 2006, je propose de dynamiser lors des fins de pratiques, la confiance en soi2 dans une posture congruente et d’amplifier cette capacité pendant au moins 20 secondes.
Une posture inspirée du 3e degré peut être utilisée, menton relevé, les mains posées en haut des cuisses ou sur les hanches.
Je vous encourage à l’expérimenter puis partager cette variante !
Pascal GAUTIER, psychologue, sophrologue, www.gautierpascal.fr
1Voir, pour plus de détails, la vidéo TED qu’elle a réalisée ou son livre Montrez-leur qui vous êtes (2016).
2Seulement cette capacité lors des 1ères séances.